Saint Sulpice-Laurière

La Rivière-Trancheserf

 

  1.                                    I039 la rivière plan cadastral  de 1810019

La seigneurie:   

1490 : Le château de la Ribière composé de 2 corps de logis, un pavillon à 4 étages , 1 colombier, granges, écuries, jardin et coudert – 2 chevaux de selle, une jument poulinière, 2 cochons – Propriété de Peyramont, demeurant à Limoges – Occupée par le nommé Deonis – 5 septérées 4 perches.
1491 : Une maison basse à 2 travées, grange, 3 étables, bergerie, le tout couvert de paille, 2 jardins, airage et 2 couderts – 4 bœufs de trait, un taurin, 7 vaches, 1 velle, 60 brebis, 4 cochons – métairie du château de Peyramont – 2 septérées 14 perches ¾ – Pour le logement des métayers.
1502 : Moulin de La Rivière- Tranchecerf : un  « moulin à 2 meules à seigle, un moulin à chanvre sans subjet, une maison, 2 étables, courtillages, jardin, coudert – Propriété de Payramont Limoges – Jouï à titre de ferme par Ld Malety ( 53# 10s ) meusnier – 2 septérées + pré 2 septérées 13 perches.Tranchecerf : (dans les registres de catholicité, le lieu est désigné par ’’la Ribière-Tranche-Cerf’’, ou Trancheserf). –   

Les seigneurs:   

Peut-être serez-vous curieux d’avoir quelque éclairage sur les propriétaires successifs du château de La Rivière-Tranchecerf. Voici dans le désordre une suite d’événements tirés pour la plupart des registres de l’Eglise. On  suit les avatars de la langue avec l’arrivée d’un nouveau curé qui ne fait plus la transcription en français de ce qu’il entend: les noms se déforment et s’occitanisent. Duditlieu s’écrit phonétiquement Daudilié, et Bagnol devient Bagnoux,  Bagnaud ou  Bougnol. De Sauviat devient De Seigne puis De Sagnat, Dessaignat, et Saignat avec les sans-culottes qui se font un devoir patriotique de raccourcir aussi bien  les noms que les individus.   

La Rivière pratique des inter-alliances nobles  avec le Chambon, Villefort, les Adoux, Sagnat, quand ce ne sont pas des mariages consanguins. On remarque aussi au XVIII°s des passages de relais inhabituels : les hobereaux tournent leurs pensées vers la ville, la cour et ses plaisirs dispendieux. Ils ont déjà la tête ailleurs. Marie De Saignat, demeure en son domaine de la Rivière, elle est la dernière gardienne du patrimoine familial. Elle épouse Thèvenot son notaire. La Ribière devenue Bien National sera adjugée après diverses péripéties à Le Marchand, héritier d’une lointaine famille au nom oublié, implantée depuis de nombreuses générations aux Adoux, qui faisait le négoce des récoltes et du bétail,  et y gagna son nom et sa fortune.
1374 le damoiseau Guillaume des Rivières épouse Agnès de Verdale. – Noble Pierre Trancheserf alias Percevent, demeurant au lieu de La Perrine – diocèse de Bourges, échange sa seigneurie pour celle de la Ribière-Paley, demeure du damoiseau Barthélémy de Sauzet ; puis Guillaume Tranchecerf  se retrouve homme d’armes de Maurice de Méné et chambellan du roi en 1482. – Pierre de Tranchecerf écuyer, sieur de la Rivière-Paley, était  âgé de 48 ans en 1482.. Jacques de Tranchecerf écuyer, sieur de la Valade vivait  en 1556 – François de Tranchecerf épousa Léobone Curette en 1537 – Jacques de Tranchecerf, écuyer, sieur du  Vignaud, paroisse de la Jonchère, en partie du Chambon, psse de Bersac en 1573 – eut 4 enfants :   

-Scipion, écuyer, sieur de la Valade, du Vignaud et de Chamborand. Servit pour la Ligue en 1589. Testament le 6 octobre 1597.
-Anne, mariée à Charles de Mosnard.
-Marie, mariée à Charles du Fondant, sieur du Monteil psse de Bersac le 24 février 1582.
-Jeanne, mariée à Pierre de Beaudéduit.
César de Tranchecerf épousa Suzanne Jouvion dont il eut :
– Léonet qui fit ses preuves de noblesse en 1598 et qui épousa Gabrielle de la Seigne le 12 février 1584
-François ,écuyer seigneur de Bagnoux psse de St Michel Laurière,qui épousa Jeanne Jouvion, veuve en1609.
-Antoine en 1628,
-Jacques, écuyer, sieur de la Rivière et du Puitouraud, épousa Renée d’Allobrocq, veuve en 1619, qui eut René, lequel reçut une donation de sa mère le 6 janvier 1622, et Marguerite qui épousa Charles Brun le 30 nov 1623.
-Marguerite, mariée à Louis Bourdin, habitant de Limoges.
1650 : Anne de Tranchecerf épouse Charles de Masseboeuf, écuyer, sieur de Bagnoux, de Cazeré et de Selve.   

Acte notarié no 189 du 27 octobre 1733 : mariage de Sieur Claude François du Léry avec Demoiselle Marie Léonarde du Léry   

Messire Fois De Léry chevalier, seigneur de Sauviat – Dame Charlotte de Rouffignat son épouse – Messire Claude François du Léry leur fils , demeurant en leur château du bourg de Sauviat en la Haute Marche.   

Messire Charles Joseph du Léry aussi chevalier de Peyramont – Dame Mathilde de Ramerat son épouse – Demoiselle Marie Léonarde du Léry sa fille , demeurant ordinairement dans leur château de Peyramont aussi en la paroisse de Sauviat.   

  • Assistés et conseillés de Messire Marc Antoine du Léry, chevalier seigneur de la Rivière, leur frère, beau-frère et oncle,….…….

 

Du Léris : Paroisse de Condat près d’Uzerche – Pierre Du Léris, chevalier, neveu de Jean prieur à St Léonard de Noblat, eut un fils : Guy en 1372 ; Antoine Du Léris épousa Catherine Roger en 1548 ; Noble Pierre Du Léris laissa un testament en 1624; ;il était Seigneur de Peyramont (paroisse de Chatenet en Dognon ) ; il épousa en 1587 Judith de Montchapeau ; il eut un fils, Jean, qui épousa en 1602 Jeanne Simonet de Montlebeau ( paroisse de Vareille La Souterraine ) ; un fils, Jean du Léris, Sr de Peyramont, épousa en 1647 Gabrielle Sourdaud.                                                                                                                            

   Blason Fauveau décrit comme  « porte d’argent en une bande de gueules chargée de trois chevrons d’or « ; une variante dans le dictionnaire héraldique de C. Grandmaison:…chargée de trois étoiles d’or. La source la plus ancienne est le microfilm des Archives Départementales. On trouve  le « Dictionnaire héraldique » à la Bibliothèque Municipale de Limoges.   

   Le blason Du Léris, Sgr de Peyramont  « porte d’azur à trois monts d’or – support deux léopards d’argent »  Source: – 04/2010 – Me Benoît de Peyramont, avocat à la Cour, Paris.  

                                                                                                                                                                                              

Pour ceux que la chose intéresse il est possible de découvrir les blasons des vieilles familles nobles Limousines semblables à celle-ci sur Google « Armorial Général de France de 1696 » pp.80- 86-104-107-118-123-125-129-130-133-141-143-147-195-253-300.

Trois familles  de  nobles seigneurs  se sont succédé au fief de La Rivière-Trancheserf entre la fin du XIII°s et la Révolution, soit : le seigneur Mathieu de Fauveau de Trancheserf  a succédé à Imbert de Sauzet et de la Ribière-Paley -ancien nom de La Ribière-Trancheserf – et a précédé Louis du Léris de Peyramont (alliance de sa fille Léonarde avec Louis, fils du chevalier Sgr de  L’Age-Peyramont, autre fief  près de Sauviat) SgrsSauzet attestés en 1300;  mariage Fauveau-Peyramont en 1681. Lde mourut veuve le 17 mars 1720  Sources: Archives Départementales-Nobiliaire de Nadaud, et BML-usuels et section « Limousin ».   

  Une demoiselle de Fauveau était dame de compagnie de la marquise de Laurière quand celle-ci mourut d’un embarras gastrique (?) (lire  » Le marquisat de Laurière »)  

      

………………. Naissance de Marc Antoine le 3 novembre 1684 ( registre de St Maurice Limoges ) puis Louis, 17 février 1686 ; puis Charles Joseph, écuyer qui épousa Valérie Vidaud, puis Marie Anne Du Mas, et eut une fille : Marguerite en 1708 .Marc Antoine du Léris (ou du Léry ) , chevalier, seigneur de Peyramont, mourut au château de la Rivière-Perceval alias Tranchecerf le 4 juillet 1741 .Il avait épousé Jeanne du Léris, veuve de …., qui mourut sans hoirs au château de la Rivière le 5 avril 1740.
de VILLEDON Marie, épousa César de Tranchecerf écuyer, seigneur de Bougnol, avant 1670.   

25septembre 1742 Mariage de Sgr de Villejoubert (St Denis des Murs) et Delle Anne Duléry, fille de Charles Duléry de Peyramont, Sgr de la Rivière Tranchecerf. Témoins Joseph Charles de Peyramont , père de la mariée – Claude Fois Duléry, Sr de Sauviat et baron de Cloueix – J.B Trompaudon, Sr du Repaire.   

4 avril 1744 naissance de Pierre fils de Jean Denis et de Marie Duvignaud .P.Pierre Thévenot .M.Jeanne Duvignaud (tante)   

30 janvier 1747 Mariage de Mathieu Landon, notaire royal,(fils de notaire) juge de la ville de Bénévent, et de Marie Thévenot ,fille de Me Guillaume Thévenot, notaire royal et juge de Paulhac . Ont signé : Delabuxière, Moreau, Landon.
27 nov 1753 : Décès de Me Guillaume Thévenot, notaire royal et procureur d’office, âgé d’environ 67 ans. Il fut enterré dans la chapelle des Thomas. Ont signé : Pierre Laurent des Bouiges – Mes Fois, Louis et Jacques Thoumas .   

7 août 1755 : Décés de Ld Thévenot, fils de sr Pierre Thévenot, huissier royal, et de delle Léonarde de la Bussière, âgé d’environ 2 mois.   

23 janvier 1759 : Décès de Marie de La Chaize, épouse de feu Ld Thèvenot, notaire en son vivant, âgée de 70 ans. Témoins : Ld Thomas greffier(il signe Thoumas), et Fois Massioux (il signe Martiaud)   

7  juillet 1760 Mariage de Delle Lde Peyrichon, fille de Me Etienne Peyrichon et Delle Marianne de la Buxière,(domaine du Theil) avec Pierre Duchâteau, chirurgien. Témoins : Me Pierre Thévenot , huissier royal curateur de l’épouse – Louis Thévenot, seigneur de la Rivière – Ld Deléobardy , Sgr du Mazaud – Etienne Dumas, Sgr de Domnalou, juge de Monismes .   

1er mars1766 : Décès de Pierre Thévenot notaire royal , âgé de 45 ans, époux de Delle Labussière. T. Pierre Michelon et Michel Bourlaud.   

6 juin 1778 : Décès de Léonarde Labuxière, veuve de Ld Thévenot huissier, âgée de 70 ans.   

27 octobre 1784 : Mariage de Me Ld Thévenot, procureur, fils majeur des défunts Pierre Thévenot, huissier royal, et de Lde Labussière, et d’Antoinette Thomas, fille majeure de défunt sieur Guillaume Thomas, bourgeois, et de Lde Lasnier. Témoins : Lde Lasnier mère de la contractante ; Sr antoine de Labrousse, Guillaume Thoumas, Pierre Lhermite, Michel Bourlaud, Jh et Bernard Longeaud.   

27 octobre 1784 : Les susdits Me Ld Thévenot procureur et Antoinette Thomas ont … pour leur enfant Françoise, née le 27 janvier 1781 et baptisée le 29 dans la chapelle de l’Hôpital Général de Limoges, dont ils ont requis acte et signé avec nous.   

2 novembre 1784 : Naissance de Pierre, fils de Ld Thévenot procureur et d’Antoinette Thomas. P : Sieur Pierre Lhermite huissier royal son beau-frère. M : Dame Lde Lasnier
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Moeurs bourgeoises – anecdote – :11 février 1776 : Remariage de Marie Longeau, , veuve de Pierre Delage, maçon, servante de messire François Blondeau de Laurière, chevalier de l’ordre royal militaire de Saint Louis, etc…, fille de Marie Noël, sœur de Joseph et Léonard Longeau , avec Léonard Pontis, fils majeur de feu Martial Pontis, laboureur, et de défunte Martiale Marsac, ses père et mère, de la paroisse de Condat. Témoins : Guillaume Thoumas, étudiant, Louis Thoumas, étudiant, Léonard Thèvenot, étudiant.
8 juillet 1776 : Naissance de Jean Baptiste, fils de Léonard Pontis, domestique, et de Marie Longeau. Parrain : Jean Baptiste de la Bussière, prêtre, marraine : Antoinette Thoumas.
Ces deux transcriptions sur le registre B M S appellent les remarques suivantes :
–la  naissance de J-B suit de peu le mariage de ses parents: Marie Longeau, servante du château, avec Léonard Pontis  fraîchement émoulu de la paroisse de Condat. C’était probablement  une naissance prématurée?
–les trois témoins, de sexe masculin, sont des jeunes gens de bonne famille, étudiants et promis à un bel avenir.
–des collatéraux de la servante se retrouveront parmi les notables  et J-B, le fils Pontis, sera chirurgien.
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Ainsi la bourgeoisie du marquisat s’employait à jeter un voile  pudique sur la conduite scandaleuse de ses jeunes dévergondés. De son côté le marquis de Laurière se faisait un devoir de calmer les esprits quand survenait une affaire scabreuse, où se trouvaient impliqués des personnages  au-dessus de tout soupçon. Pour preuve cette autre histoire de famille que le pharmacien me raconta :
         « Aussi loin que peuvent aller les recherches généalogiques et la mémoire orale que les vieux tiennent de leurs ancêtres, on trouve l’origine de la famille dans un manse de La Ribière, où on grattait le sol année après année, saison après saison, avec comme seule ambition d’en obtenir de quoi subsister et comme horizon la prochaine récolte.  Le pasteur surveillait ses ouailles, le seigneur ses manants, les vilains s’échinaient à labourer le sol ingrat:  chacun cultivait son domaine  afin d’en tirer le meilleur parti. Ainsi allait la société sans âge sur la vieille terre limousine.
          On rapporta un dimanche à l’office que chez des manants de Trancheserf un jeune garçon du nom de Léger se  distinguait aux foires par son esprit vif, ses aptitudes à compter, peser et mesurer. Le curé  Joseph Martin se le fit amener et  s’étonna du phénomène: le garçon mémorisait les psaumes et les textes latins des évangiles  à leur première audition. Martin lui apprit à lire en quelques semaines, et la fine écriture du jeune paysan fit  l’admiration du  clerc. Il envisageait de l’utiliser pour la tenue de ses registres paroissiaux, et peut-être plus tard le proposer au séminaire… Tranchecerf, informé de la découverte, rappela à l’homme de Dieu qu’il était seul maître sur les terres de son fief ici-bas, qu’en conséquence l’adolescent dépendait de lui et lui appartenait. Il mit ainsi la main sur un sujet extraordinairement doué, capable, réfléchi, sérieux, qui seconda quelque temps le vieux régisseur puis assuma seul la tâche de gérant du domaine de La Ribière.
          Tranchecerf n’eut qu’à se louer des services de son jeune baile. Les laboureurs l’acceptaient car il connaissait leurs peines et se montrait secourable à l’occasion. Les chapons  étaient dodus, le blé abondant, les vilains acceptaient leur sort et le seigneur était satisfait du sien. Le jeune Léger sut se faire aimer de tous. De tous.
         On sait de source  sûre qu’aux temps bibliques un garçon sérieux nommé Joseph résista aux  avances de Madame Putiphar, la femme de son  employeur égyptien, laquelle se vengea méchamment en le faisant mettre en prison. Donc sa vertu fut mal récompensée. Autres temps, autres mœurs. Madame Tranchecerf était avenante, le jeune baile beau garçon; il avait été engagé pour s’occuper des biens du maître et les faire fructifier. Il était donc en paix avec sa conscience professionnelle. Ils vécurent une passion qui se termina hélas par un drame sentimental. Le mari les surprit. Il n’apprécia pas l’excès de zèle de son employé. Il le chassa du château en l’expédiant dans l’autre monde pour être sûr qu’il n’y reviendrait pas.
         L’affaire fit grand bruit. Au château ce fut la tristesse et le deuil. Madame Tranchecerf exhala son chagrin derrière sa porte qu’elle tint verrouillée;  il y eut des murmures de réprobation dans les chaumières. L’écho en parvint aux  oreilles du marquis. Laurière commença par se gausser de la mésaventure de son vassal ; il épilogua sur  l’inconstance et l’infidélité des femmes, estima que le cocu, réputé pour son ardeur à trousser les bergères, recevait de la Providence et du bâton un juste retour. Tranchecerf fut convoqué pardevant son suzerain qui l’appela Bois-de-cerf et, usant de ses droits de haute justice, appliqua dans toute sa rigueur la peine encourue selon le barème et l’usage: Le seigneur de La Rivière fut condamné à céder à la famille de sa victime, en franche propriété, une terre du replat portant bon an mal an vingt boisseaux de blé seigle, mesure de Laurière. Cette terre, la famille Bayle se la transmet en héritage de génération en génération et n’envisage pas de s’en défaire. Elle est référencée au parcellaire napoléonien : La Piau de Léger, labour, 0ha 82a 15ca.   

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Délaissement   au profit de Marc-Antoine Du Léris de Peyramont des biens de Thomas Gergette    

 « Aujourd’hui premier juillet 1725 à Laurière paroisse de Saint Michel en Limousin pardevant le notaire royal soussigné et témoins bas nommés avant midy fut présent en personne Thomas  Gergette, laboureur du village de  Lavaud-Fourneau, paroisse de Moissanes en Marche lequel de son bon gré et libre volonté a exposé par ces présentes à messire Marc Antoine du Léris de Peyramont, écuyer, seigneur de la Rivière-Trancheserf paroisse de Saint Sulpice-Laurière, demeurant audit la Rivière, présent stipulant et acceptant qu’il a plusieurs créanciers de  sommes considérables qui le molestent continuellement même qui le menacent de déposséder et expeller de  ses biens par le moyen de leurs créances et des  frais  qu’ils pourront faire pour cela, et n’étant en état de pouvoir payer et acquitter ses dettes, a  prié et requis ledit seigneur de la Rivière de le vouloir garantir de ces dites dettes, soit en paiement effectif d’icelles, soit en compensation des droits qu’il peut avoir contre ces créanciers; qu’il se mettrait métayer perpétuel dudit seigneur dans tous les biens, bâtiments, domaines, héritages, droits, noms raisons et actions qu’il peut avoir de présent en quelle part qu’ils puissent être notamment dans ceux qu’il a au village de Lavaud-Fourneau, ses appartenances et dépendances composant le labourage d’une paire de vaches à présent sans aucun bétail, lequel village se confronte de toutes parts aux appartenances de la terre de Peyramont ……ce que le dit seigneur de Peyramont  a accepté et en conséquence ledit Thomas Gergette se rend par les présentes métayer dudit seigneur…… Ledit seigneur s’engage à liquider de toutes dettes lesdits  biens et d’icelles en garantir  ledit Gergette…….moyennant quoi ledit Gergette sera tenu comme il  s’oblige de travailler ou faire travailler bien et dûment  lesdits biens, tenir dans iceux nombre suffisant de personnes capables de les bien travailler, entretenir lesdits biens et bâtiments, ….faire les récoltes à ses frais et dépens  ……. partage de tous les grains….tous fruits pendants par branche et racines se partageront aussi par moitié….les tailles seront entièrement payées et acquittées par ledit Gergette…….Ne pourra tenir ledit Gergette aucun bétail que dudit seigneur excepté de la volaille qu’il pourra tenir sans que le seigneur y puisse rien prétendre si ce n’est quatre poulets à bailler annuellement et perpétuellement à chaque fête de Notre Dame d’août …le laitage par moitié…ne pourra couper aucun arbre….huit livres de beurre et quatre douzaines de fromages blancs à la Saint Michel …charrois, corvées et labours du seigneur…Ledit Gergette jouira des deux tiers du blé noir pendant cinq ans, puis ce sera seulement la moitié. »    

Le pauvre laboureur Thomas Gergette avait  une dette de quatre cents livres accumulée au fil des années. L’opération fut particulièrement profitable pour le seigneur de la Rivière qui agrandit ainsi son domaine et s’attacha une main d’oeuvre servile. Pour ce qui est de la dette,  les créanciers se montrent patients et accommodants avec les seigneurs, quand ils ne sont pas les seigneurs eux-mêmes. Il existe d’autres exemples du même cas de main-mise sur des terres franches par le même procédé.                                                                                

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     La Révolution supprime les Droits Seigneuriaux –   

   

 29 floréal an II : compte-rendu de visite chez Marie Saignat vve  de Louis Thévenot -(âgée de 70 ans, dirigeant seule le domaine de La Rivière Tranchecerf. Elle avait été mariée avec le notaire de la famille, mort en 1787)-…  « pour rechercher les actes qui pourraient s’y trouver contre les lois et qui devaient être brûlés. Nous transportons pour les rechercher avec le citoyen Lajoumard déchiffreur des vieux titres féodaux ou terriers.
En vertu du réquisitoire de l’agent national, parlant à sa servante, elle nous dit qu’elle n’y était pas mais qu’elle viendrait ce jour-ci.
Après une ½ heure est venu le citoyen Saignat parent de la dame Thèvenot, sommé de nous ouvrir les chambres et armoires de ladite maison de la dame Thèvenot. Nous avons trouvé sur une table des papiers mais aucun titre féodal ; un cabinet fermé et des armoires fermées. Nous quittons la  chambre et les membres restés à la porte nous disent que la dame Thèvenot est sortie d’un placard où elle se cachait. Elle accepte d’ouvrir les armoires. Y  avons fait perquisition et y avons trouvé beaucoup de titres que nous avons fait vérifier par ledit citoyen Lajoumerd. Lequel a remis entre nos mains quantité de titres féodaux au nombre de 100 qu’il nous a dit être relatifs aux rentes attachées au ci-devant fief de la Rivière et à des seigneurs circonvoisins, lesquels nous avons saisis en présence de ladite veuve Thèvenot. Le  lendemain suite de la perquisition entrons dans le cabinet où nous trouvons 200 titres féodaux outre les 100 d’hier. Puis nous sommes transportés dans la tour de ladite maison où étant nous avons trouvé un coffre plein de titres. Vérification faite par le citoyen Lajoumard y avons trouvé 6 titres féodaux que nous avons déposés en la maison commune. Procès verbal en a été dressé.’’
   

Les droits seigneuriaux  (vus depuis Google :  « droits seigneuriaux définition » ): On constate que la législation fiscale en 1789 était aussi compliquée que l’actuelle et qu’il était donc urgent de la réformer. En supprimant ces droits – des redevances en nature ou sous forme de corvées; des prérogatives humiliantes –  la République affirma sa présence et occupa la place libérée : 

Une part seigneuriale était prélevée sur la plupart des produits récoltés.(une exception locale  pour le blé noir culture intercalaire) Depuis la féodalité fiefs et censives percevaient le cens (=redevances) en échange de quoi le seigneur était censé accorder sa protection, maintenir l’ordre et toute  fonction collective en l’absence de fonctionnaires (besoins limités). Ce prélèvement s’ajoutait à celui du clergé, censé constituer une réserve de prévoyance pour les  années de vaches maigres.  

Ses vassaux constituaient une main d’oeuvre gratuite pour l’entretien des ponts, des chemins, du château, et leurs bêtes   servaient  pour des charrois ou des labours seigneuriaux.   

Le seigneur se réservait en exclusivité la possession des moulins, des pressoirs, des étangs, des fours, des animaux mâles reproducteurs…  

Il avait aussi l’exclusivité du droit de chasse et celui de posséder des pigeons qui se nourrissaient comme leur maître sur les récoltes des paysans.

Certains  fermiers – par exemple le meunier du Pont-à-l’Age – crurent qu’avec la destruction des titres féodaux ils étaient dispensés de payer leur  fermage au bailleur, mais ceux-là se trompaient de Révolution.  

 Remarque: Une clause sur l’acte de vente    « époux Penot/Jean Pellier »,  Jabreilles,  du 10 avril 1827 stipule:     « l’acquéreur s’oblige à payer la rente due à l’hospice de Limoges en vertu de titre enregistré sur les objets vendus »   (c’est une  survivance persistante d’un lointain droit de même origine féodale.)

 

10 commentaires »

  1. Bonjour,
    je me suis permis, sur mon blog photo (http://objectif.blogspot.com/2009/10/le-pre-de-la-ribiere-field-of-ribieres.html) une large citation de votre article sur le château de la Ribière. J’espère que vous ne m’en voudrez pas !
    Issu d’une famille récemment implantée dans la région (les Chapelier, à la fin du 19ème), je viens en effet de découvrir par hasard, et avec un énorme intérêt, les importantes recherches que vous menez actuellement, et qui recoupent en bien des endroits mes propres images.
    Je vous en suis très reconnaissant.

    Bien cordialement

    Maxime Gaillard
    (Le Maillorat, Jabreilles les Bordes -le week-end)

    Commentaire par Gaillard — 5 octobre 2009 @ 18 h 04 min

    • L’auteur des lignes qui vous ont plu a été séduit par la qualité artistique de vos photos. C’est une excellente monnaie d’échange….Bravo! wonderful! et merci d’avance pour d’éventuels emprunts.

      Commentaire par saintsulpicelauriere — 6 octobre 2009 @ 8 h 56 min

  2. Réponse à M… restaurateur de meubles anciens: J’ai inséré dans le texte « Trancheserf » des documents qui pourront peut-être vous aider à reproduire le blason d’une des 3 familles seigneuriales que je connais: formes maladroitement suggérées sur ce vieux document, et couleurs indiquées dans un code à traduire. Je regrette de ne pas être mieux documenté. Le blason des Peyramont a une certaine allure avec ses deux fauves qui font défaut à Fauveau. On garde le contact par mail?

    Commentaire par saintsulpicelauriere — 28 octobre 2009 @ 12 h 24 min

  3. Bonjour,

    votre étude est tres bien. Je suis un membre de la famille Dulery de Peyramont, de Lubersac et je peux vous fournir une représentation de notre blason si vous le souhaitez.

    Benoît de Peyramont

    Commentaire par dulery de Peyramont — 13 avril 2010 @ 22 h 07 min

    • Votre proposition constitue pour moi une agréable surprise et je l’accueille avec empressement et enthousiasme.
      Merci!

      Commentaire par saintsulpicelauriere — 14 avril 2010 @ 8 h 47 min

  4. Bonjour,

    Félicitations pour ce travail !
    Mon épouse et moi possédons depuis 1997 un bien au lieu-dit « pont rompu » à Solignac. Les vendeurs qui étaient là depuis 1931 m’ont indiqué que « cette demeure appartenait vers la fin des années 1700 à la Comtesse de Laurière. En 1789, pour échapper à la guillotine, elle avait du se marier avec son Régisseur (soit-disant Roturier). Un blason dit de « mésalliance » taillé dans le linteau d’une fenêtre du rez de chaussée justifierait de ce mariage.
    Pouvez-vous m’apporter des informations sur ces dires.
    Mon épouse et moi-même avons démarré en cette demeure, en février de cette année, une activité de chambre et table d’hôtes. En hommage à la Comtesse de Laurière, nous avons donné à cette activité le nom de : « Domaine de la Dame de Laurière ».

    Très cordialement,
    Alain Rouffy

    Commentaire par Alain Rouffy — 26 septembre 2010 @ 15 h 05 min

    • Surtout ne changez rien au nom que vous avez trouvé, il est très joli comme l’était certainement la « comtesse de Laurière ». Fortuné régisseur! Personnellement je n’ai rencontré cette Dame au coin d’aucun ouvrage historique, mais je suis conscient de mes lacunes; et si par hasard elle n’a pas existé il ne tient qu’à vous de lui donner de la consistance, vous ne serez pas les premiers à agrémenter un beau domaine de la légende d’un personnage mystérieux.
      Solignac est un site touristique; je vous souhaite le succès dans votre activité hôtelière. Pouvez-vous m’envoyer des photos en pièces jointes? linteau de mésalliance, etc.

      Commentaire par saintsulpicelauriere — 26 septembre 2010 @ 15 h 58 min

  5. vos recherches sont très intéressantes car émaillées de nombreux documents i, un des ruiseauxrréfutables.A propos du seigneur de Tranchecerf, peut-il y avoir une relation avec le ruisseau de Branchecerf, un des ruisseaux du Rivalier au niveau du Fieux de St Goussaud?
    Par ailleurs la section de généalogie de Nature et Patrimoine a fait la généalogie des meuniers de qq moulins et les recherches sur le moulin du Fieux ne remonte pas avant 1783. Nous savons que ce moulin dépendait de l’évêché de Limoges mais nous n’en savons pas plus…..
    Auriez-vous des infos sur l’historique de ce moulin?
    Merci d’avance

    Commentaire par Annie Jacquemain — 30 janvier 2012 @ 17 h 31 min

  6. bravo pour tout ce travail
    Je suis un collègue de Maxime Gaillard et je suis encore plus proche car je suis de Gaudeix à côté de ce manoir qui commence à être bien restauré

    Commentaire par kiki129 — 6 février 2012 @ 15 h 35 min

  7. Nous sommes issus de la famille Tévenot , certainement THévenot à l’époque .
    LEONARD T(H)EVENOT maçon à Saint Michel de Lauriére Diocèse de Limoges marié à Léonarde Chiraud donnent naissance à un fils , Georges Tévenot , né en 1712 à ST MICHEL DE LAURIERE .
    Ce fils également maçon partira avec d’autres maçons , vers le Loir-et-Cher à LANDES-LE GAULOIS . Il se marie le 29 02 1740 à LANDES et y décède le 14 10 1769 . Il aura 14 enfants , dont un seul fils survivra , mais laissera aussi de nombreux descendants autour de Landes , avec , toujours de père en fils des familles de 7 , 10 , 11 ENFANTS JUSQUE FIN XIX ème sciècle. Et nous sommes encore nombreux autour de cette commune à etre issus de ce Georges Tévenot , avec toujours beaucoup de garçons !
    Nous sommes allés , il y a deux ans dans ce lieu.-dit SAINT MICHEL ;

    Commentaire par TEVENOT — 16 janvier 2014 @ 14 h 57 min


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