Saint Sulpice-Laurière

Jabreilles-les Bordes: les Pellier, laboureurs et maçons migrants

  

Jean Pellier l’aîné et son frère , maçons migrants et laboureurs aux Bordes de Jabreilles.
(Publication  des documents des frères Pellier Jean – l’Aîné et le Cadet -)

…….                                                                                                                             .257…….240

 Le Panthéon, les Tuileries, Versailles bien sûr et tous   les chantiers de Lyon et de la Capitale ont été arrosés par la sueur des maçons Limousins. Et, à l’occasion, dans les rues de la Capitale, des barricades de professionnels   qui surprenaient les Versaillais. Par leur sueur et par leur sang. Mobilisés par Pompadour, alors gouverneur du Limousin, pour le service de Richelieu, ils construisirent la digue de la Rochelle. Ils débarquaient d’un pays de misère où, dit-on, l’hiver même les loups étaient affamés; où l’on comptait les fèves dans les assiettes; où la gastronomie dans les  chaumières était à base de raves, de châtaignes,  de crêpes de sarrazin qu’on trempait dans du petit lait en les accompagnant de topinambours.

Ils trouvaient de l’embauche par des recruteurs dans des points  de rassemblement qui étaient aussi des lieux de pélerinages. Par étapes de 40 à 50km ils faisaient le trajet de Paris en moins d’une semaine. Leurs bandes  arrivaient à former de véritables troupes au fil des chemins .  Ils coupaient à travers champs et les paysans ne les appréciaient guère.(v.note11)

Ils étaient maçons, mais aussi tuiliers, charpentiers, couvreurs, tailleurs de pierres, paveurs… Le plus souvent illettrés, ces hommes aux mains durcies exécutaient des travaux pénibles pour des journées de 12 ou 15 heures payées entre 2F et 3,50F . Ils vivaient dans des garnis à 20c par jour où ils s’entassaient nombreux et où il était difficile de récupérer des fatigues de la journée.

De retour au pays ils faisaient  figure de vedettes lors des veillées. C’était la fête dans les chaumières. Après des mois de séparation l’épouse demeurée seule avec le père ou la belle-mère souvent impotente et aigrie retrouvait son homme. Le bon argent ramené servait à payer les impôts, la dette contractée, à dédommager frères et sœurs après le partage d’un modeste bien.

C’étaient des hommes de courage et de valeur, c’est pourquoi aujourd’hui on parle d’eux un peu comme de héros.

Les Pellier des Bordes étaient une de ces familles de migrants. Ils  possédaient de la terre et un attelage de labour: ils étaient laboureurs. Suffisamment instruits pour gérer une tâche, un budget, diriger des compagnons: ils étaient maîtres maçons. 

   

   La bretelle d’accès au coeur du vieux village se trouve élargie par la construction en retrait des granges, étables et habitations. Le puits banal est au centre et à proximité de la maison des Pellier. Pas de clôtures dans cet espace confiné que les villageois se partagent. Trait d’union, lieu d’échanges,  mini-agora d’une communauté de compagnons de labeur, d’un microcosme de frères, d’oncles et de cousins.

Pourtant tout n’allait pas pour le mieux dans un monde idyllique: à preuve ce procès étalé sur deux siècles (v.plus bas).

 Il y avait deux sages-femmes aux Bordes, ce qui laisse supposer deux clans et des rivalités. 

La disparition des vieilles familles de maçons-laboureurs et la prise de possession des lieux par les résidents occasionnels a changé les choses et multiplié les clôtures: on s’ignore et on se carapate « chacun chez soi-chacun ça sien ». 

Il y eut  dans l’histoire locale   des enchaînements d’années calamiteuses qui installaient de manière persistante dans les chaumières paysannes la plus grande  précarité, la misère. Ainsi de 1786 à 1789 le Seigneur qui du haut de son ciel préparait sans doute la Révolution inventa une succession de  toutes sortes de cruautés météorologiques –  étés torrides et hivers sibériens, gelées tardives précédées par des pluies diluviennes, grêle –  ce qui rendait d’autant plus vital l’apport financier des maçons  migrants.

    « Le quinze du mois de may de la présente année

   « Le quinze du mois de juin  (1786)   jour de la feste du très St Sacrement de L’Eucharistie sur Les onze heures du matin immédiatement après la procession un ouragand d’une grêle d’une grosseur énorme qui dura  l’esp environ vingt minutes Battit totalement les Bleds non seulement dans la paroisse de jabreilles, mais dans un grand nombre d’autres, tellement que La plus part d  Les habitants ne recueillirent pas même de Bled pour ensemencer Les terres. prions le Seigneur notre Dieu qu’il nous préserve d’un pareil fléau. »

sur le Registre bms  –  baptêmes-mariages-sépultures –  du curé de Jabreilles. 

                                                                                                                                                                                                   

 

…..
 

  

  

  

  

………………………………2 octobre 1792, naissance de Jean Pellier l’aîné

                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                              …..……………………….Jean Pellier « l’aîné » conscrit

Le maire de Jabreilles ordonne au sieur peilier jean du village des bordes conscrit de 1812 de se trouver le premier du mois de février prochain à neuf heures du matin au lieu de saint michel laurière pour communier au contingent assigné sur le canton de laurière des conscrits de 1812 – faute de ce il sera réputé rebelle à la loi et puni comme tel ainsi que ses parents. fait à laurière ce vingt-cinq janvier 1812.

Pas davantage  que son oncle Antoine, Jean Pellier aîné ne put pas aller  travailler à la gloire du Grand Général Corse car il était  occupé ailleurs.

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 Antoine Pellier était le frère de Marie et l’oncle de Catherine Quillet
………………………………………………1814 – mariage de Jean l’aîné

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Part de l’héritage paternel revenant à la mariée: Au 25 février1821 mon père Léonard Pellier a reçu 200 francs de ses neveux Quillet, à compter sur la somme de six cents francs du principal et cent vingt francs d’intérêts qui sont échus. Restent 400#francs du principal et 120 francs d’intérêts ce qui fait au total 520francs que Jean et Léonard Quillet doivent encore du mariage de leur sœur.
De plus dans le cours du mois de mars 1822 mon père Léonard Pellier a reçu de ses neveux Quillet la somme de 100 francs à compter du mariage de leur soeur.
Moi jean Pellier et mes frères avons reçu la moitié des intérêts qui étaient dûs à notre père du mariage de ma femme et nous avons donné quittance à Léonard Quillet; et Léonarde Decout doit l’autre moitié qui est de 60 francs.
Le 27 janvier 1828 moi Jean Pellier aîné j’ai donné quittance finale à mon beau-frère Léonard Quillet de 150 francs pour sa part du mariage de sa soeur.
Les héritiers de défunt Jean Quillet doivent encore 150 francs et les intérêts au 24 février 1828. Moi Pellier aîné j’ai reçu 60 francs de communauté avec mes frères et 15 francs pour l’année échue jusqu’à ce jour. Il n’est plus rien dû du mariage de ma femme que 150 francs de somme. Tout le mobilier est reçu.
suite de l’autre part Au 29 mars 1830 j’ai reçu quinze francs d’intérêts de Léonarde Decout pour 2 années échues du restant du mariage de ma femme.
Au 13 mars 1832 j’ai reçu quinze francs d’intérêts de Léonarde Decoux pour 2 années échues du restant du mariage de ma femme. Au 11 mars 1834 j’ai reçu quinze francs d’intérêts de Léonarde Decoux pour deux années échues. Au 31 mars 1839 j’ai reçu trente sept francs 50 centimes d’intérêts de Léonard Quillet pour 5 années échues. Au 15 mars 1840 j’ai reçu sept francs 50 centimes de mon beau-frère Léonard Quillet…Au 28 mars 1841 sept francs 50 centimes…

 

…..

De Jouy sur Morin, ce 10 septembre 1817
Mon cher père,
Ma main est à la plume pour vous écrire ces deux mots que je vais envoyer par Martial Devaud. Il vous donnera la somme de cent cinquante francs pour vous, cinq francs pour ma mère et cinq francs pour ma femme ce qui fait au total la somme de cent soixante francs 160#. Mon père la somme n’est pas bien considérable, mais vous savez que l’année a été si misérable que nous n’avons gagné pratiquement que pour le pain. Nous l’avons payé tout l’un dans l’autre plus de 5 sols et demi la livre, et puis le peu que nous avons travaillé ne nous est pas payé.
Mon père je veux vous dire que mon frère et moi restons aux pays. Cet hiver vous tâcherez de faire comme vous pourrez votre ouvrage. Vous prendrez quelqu’un pour vous aider.
Mon père j’étais dans le sentiment de rester et de renvoyer mon frère chez nous, et puis quand il a vu que je restais il a pris la résolution de rester lui aussi. Je lui ai dit que s’il restait il faudrait aller à l’école. Il a dit qu’il voulait bien et il va commencer à y aller ces jours-ci.
Mon père, moi et mon frère nous nous portons bien. Nous souhaiterions de tout notre cœur que la présente reçue vous trouve de même.
Mon père nous vous exprimons bien nos respects et bien nos compliments ainsi qu’à notre chère mère et femme et frère et à toute notre famille également.
Mon père je vous prie bien de nous faire savoir de vos nouvelles sitôt la présente reçue.
Votre très humble fils et serviteur.

……
 

  

  

  

  

  

  

  

  

  

  

  

  

  

  

  

  

De Jouy sur Morin, le 25 février mil huit cent dix neuf,
Mon ami Jean, c’est pour répondre à votre lettre que nous avons reçue le 20 février et en même temps c’est pour m’informer de l’état de votre santé. Pour ce qui est de la nôtre elle est très bonne et nous souhaitons que la vôtre se trouve de même, ainsi que celle de martial, de sa femme et de tous vos ouvriers.
Pour nouvelles du pays je vous dirai que le moulin de monsieur Récy est tout monté et prêt à tourner pour le premier mars prochain. les chiffonniers travaillent à force. Ainsi l’ouvrage se prépare à force. Je vous prie de revenir de suite, sitôt la présente reçue. Mon ami Jean, bien des compliments à vous et à votre femme et à tous vos enfants ainsi qu’à Martial, et à sa femme et son père et François Coulaud et à tous vos ouvriers, ainsi mon ami Jean je vous prie de revenir boire du bon vin de Jouy à six sols la bouteille, et en même temps de venir porter la hotte seulement encore deux années. Je vous prie, mon ami Jean, de bien vouloir me rapporter un châtaignier greffé, cela me fera un grand plaisir. Rien d’autre à vous marquer pour le présent, que mon papa et ma maman et ma femme et moi et les voisins et voisines nous vous envoyons bien tous nos compliments. Ainsi je finis en vous embrassant et je suis pour la vie votre ami. Dubois
……………………234

Au 7 mars 1823 moi Jean Pellier fils ainé de Léonard j’ai prêté la somme de huit cents francs au cousin Martial Rivet des Bordes commune de Jabreilles dépt de la haute vienne.
Par acte de réméré dont ledit Rivet m’a vendu un pré appelé « le pré nouveau » en son entier et le patural du Chatain en son entier et la grande terre de Replais et la chenevière dans le bas en son entier, et la terre du Peux de lasPoulles joignant à la nôtre en son entier et la terre du Combat Châtaigniers en son entier. Les 5 morceaux sont vendus moyennant le prix et somme de huit cents francs et 75 francs de frais de notaire dont j’ai donné 60 francs et je dois encore au notaire 15 francs. Ledit Rivet doit me payer la ferme 63 francs par an et ledit Rivet a la faculté de retirer le
oblige vendu dans 2 ans date de ce jour moyennant qu’il me remboursera le principal, les intérêts et tous autres frais. A défaut pour lui de me payer, le bien me restera comme pure et simple vente passée chez monsieur Thévenot, notaire royal à Larmont, commune de La Jonchère.

  

 

 Mémoire de l’argent que j’ai de prêté

  

  

  

  

  

de la Contamine, ce 5 9bre 1825 (après la mort du père)
Mon cher neveu,
la présente est pour te dire que j’ai reçu ta lettre quatre jours après sa date. Je l’ai portée aussitôt à M. le juge de paix qui est bien content que vous soyez tous les trois du même avis et vous pouvez être tranquilles à présent. Vous tâcherez de venir tous les trois si possible; mon neveu tu sais bien que le plus tôt que tu pourras venir ne serait que le meilleur car votre maison est comme s’il n’y avait personne. Il y avait beaucoup de châtaignes qui viennent à se gâter, vous perdrez tout, tous les autres ont séché, je leur avais dit d’en mettre cinquante cartes, ils ne m’ont pas écouté. Mes neveux je vous assure bien tous les trois de mes respects, ainsi que notre ami Léonard Quillet; Martial Denaud et tous nos voisins qui sont avec vous le prie de ne pas manquer de venir avec vous.
Mon neveu je fais mon possible à votre considération à tous les trois pour vous éviter des frais mais non pas à celle de ta femme car elle ne le mérite pas. Elle m’a dit des sottises mal à propos et qui me pèsent bien sur le cœur car elle ne veut pas voir tes parents, ils ne lui sont rien. Ton père m’a dit huit jours avant de tomber malade qu’il voudrait pour les cinq vaches qui sont dans son étable, qu’elle ait le caractère de Léonard Quillet. Je vois qu’il avait bien raison, elle avait deux têtes qui la gênaient, il n’y en aura plus qu’une, mais elle n’y sera peut-être pas longtemps car depuis deux mois elle n’a pas pris une livre de nourriture et elle va à son travail la même chose. Le monde ne peut pas concevoir comment elle peut tenir.
Mon neveu je vois bien que le 6 8bre j’ai perdu le chemin des Bordes. Mon neveu tu me dis par ta lettre d’avoir égard à tes affaires. Je ferai toujours mon possible jusqu’à ton retour au pays. mon neveu je te jure bien mes amitiés et respects. Je suis en attendant le plaisir de te voir au plus tôt possible.
Ton oncle Bujaud.
Mon neveu si tu écrivais à ton cousin à Epernay, lui dire le temps que tu pourrais partir, il te retrouverait, vous viendriez ensemble, ça me ferait plaisir que vous fassiez la route
 ensemble.

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 …………………Le 6 octobre 1825 décès de Léonard Pellier des Bordes, père de Jean …………….

Inventaire des effets délaissés du défunt: une salière-un trépied-une crémaillère-une saille-une table et deux bancs et deux autres bancs-un pot de fonte de la cive et un autre pour les châtaignes-3 marmites et un pot chaudron en cuivre rouge-une poêle à frire et un chenet et un mauvais chad-une très mauvaise lanterne et un poêlon-une maie à pétrir-4 pots de terre et2 terrines-deux grandes haches et trois petites haches à la main et un pic et deux marteaux à maçonner-cinq faucilles à soyer le blé et un marteau à sabots et une paire de tenailles et un cadanas et une serpe et 2 serpettes-une très mauvaise armoire-7 écuelles à manger la soupe 12 cuillères en étain 3 bouteilles et une capine en fer 6 assiettes en terre-un panier à semer le blé 5 autres paniers- 2 tamis à bluter la farine et un petit bigne-2 cribles et une paire à défaire le fille-un lit en plume avec son traversin et une courtepointe et deux draps dans la maison-six sacs à farine et deux cadenas et 24 aunes de toiles en estoupes-16 livres de filles et six serviettes-un seau et une gerle et un carte-250 livres de chanvre-une grosse table un cuvier à lessive une cuillaire-une petite mauvaise scie et 2 ciseaux 3 tarières-deux mauvais coffres et deux autres très mauvaises tables-un lit garni d’une mauvaise paillasse garnie de paille d’avoine 2 draps-dans la chambre où je couche un coffre fermant à clé-8 draps de toupe demi usés 12 chemises-4 palisses 2 cartes de cheneveux et une carte de millet-22 planches sur le galatard de notre maison-12 setiers de blé noir-10 poules un coq-un couteau à deux mains et 3 pioches et 2 fecoit un taille pré une bêche-dans la maison de Léonard Denaud 4 setiers de blé-28 planches-de là ai été au toit et ai trouvé un porc- de là ai été à la grange du bestiau 4 vaches et une génisse-deux jougs garnis et 2 charrettes-un tas de foin a été regardé comme nécessaire pour la nourriture du bétail-400 gerbes produisant 24 sétiers à raison de 7 francs chaque sétiers-3 fourches à faner et une à foin et 3 croches à fumier et 2 faux 4 fourches-3 échelles et une paire de câbles et une corde-28 brebis et moutons-25 cartes de châtaignes sèches et 60 cartes de vertes 60 cartes de pommes de terre-une ruche à miel.

….
……………………..

  

251
Embauche d’un « vale » Le 29 janvier je loue Jacques Deléonet des Bordes pour faire nos labours et faucheries et autres ouvrages qu’il aura à faire dans ma maison. Il doit commencer son temps le 1er mars 1826 et il finira son temps le 25 Xbre 1826. Nous sommes convenus avec lui à lui donner la somme de 120 francs en argent et une livre de beurre et entretenir lui et sa maison de sabots non ferrés jusqu’à Noël prochain. Le jour que je l’ai loué je lui ai donné vingt francs d’arrhes et je lui donnerai 100 francs quand il aura fait son temps.
Le 5 mars je donne vingt francs à la femme de Jacques Deléonet pour ses besoins, comptés en présence de Hugot Couturier et la femme à Léonard Vergnaud.
L’année suivante, même embauche du 24 février 1827 au 25 déc 1827 au tarif de 140 francs, une livre de beurre, un mouchoir à sa femme, une paire de brides et des sabots toute l’année. Jacques Deléonet pourra faire ses terres – ses labours – avec les vaches de Jean Pellier.

……………………
L’aiguadis: Nous devons prendre l’eau dans le Pré Nouveau le mercredi matin jusqu’au samedi au soir de la même semaine tous les 15 jours dans la rigole qui vient du Chatain. 

 253

 

 

  

Procès en partage des eaux de ruissellement entre deux laboureurs des Bordes: 1620……1820 , deux cents ans de procédure :

 

 

  

 

 Accord de partage des eaux de ruissellement:

 Jean Pellier le cadet

 

                                                                                                                                                                       

 

 

                       

 

 

 

 

Trimer, économiser sou à sou avec l’ambition d’intégrer un jour au prix de sa santé le cercle des possédants, et ainsi  se rassurer sur l’avenir des siens…

°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°les 28 avril 1839 moi Jean Pellier Cadet je prête la somme de 316 francs 50 centimes à madame de Bony des Egaux/ elles ma fait son billet payable le 16 mars 1840 sant interes jusqu’à son échéance et Jean Chamard serendut cotion solidaire.

Comptabilité de Jean Pellier cadet, maçon migrant,  père d’enfants mort-nés ou handicapés, décédé misérablement du typhus dans un taudis parisien en 1847, à l’âge de quarante sept ans;  il comptait parmi ses débiteurs – pour la somme de  300 francs prêtés à 5,5% d’intérêts – la châtelaine Mme de Bony des Egaux. C’est quand même quelque chose d’étrange la société, la destinée,  la vie, vous trouvez pas?

compte barré=compte réglé

°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°° 

 Conditions de vie des maçons Creusois à Paris (1881). Transcription : Hugues Bourdain.Source : Bibliothèque Généalogique de France. Cité dans « Chabatz d’entrar »:

Rapport présenté au Conseil d’hygiène et de Salubrité de l’arrondissement de Guéret et nommé :  -«  de l’émigration des ouvriers creusois, considérée au point de vue Hygiénique & Salutaire »présenté par le Docteur F. VILLARD, ancien interne des hôpitaux de Paris et membre du Conseil Général de la Creuse. Imprimé par Madame Vve Bétoulle. 1881. 

« Les conditions de sommeil dans les garnis de Paris sont épouvantables. Les maçons dorment à, souvent, une quinzaine dans des pièces où les matelas sont côte à côte, où punaises et autres vermines, dans un lieu qui est rarement aéré et qui donne aux hommes, 2 m3 d’air par nuit, air vicié, air méphitique, empoisonné, saturé de ce que l’on peut appeler le miasme  humain, le plus délétère de tous les miasmes dont l’action, renouvelée chaque jour, ne tardera pas à se manifester, chez un grand nombre, par des perturbations organiques variées. La durée théorique de travail est de 10h en été et 8h en hiver. Mais il y a les heures supplémentaires. Soit 13h en été et 10h en hiver. A ces heures, il faut ajouter 2h pour les repas, soit 14h sur le chantier, et 2  h pour venir et rentrer au garni. Restent pour le sommeil, repas du soir et hygiène corporelle 8h. Ces horaires constituent,  pour des enfants de douze à quinze ans une situation anti-physiologique désastreuse pour leur santé et leur développement physique.  Les conditions de vie des migrants sont à la limite de l’inhumain :– Encombrement.– Travail excessif.– Alimentation insuffisante. »

Réflexion du Professeur PETER :  L’encombrement  fait l’air confiné – L’air confiné fait l’hématose insuffisante – Avec l’hématose insuffisante commence la déchéance de l’organisme. Sous l’influence de ces trois conditions  l’économie  s’altère lentement, le niveau général de la vivacité s’abaisse et quand l’organisme s’est ainsi appauvri dans chacune de ses parties les tubercules naissent dans les poumons.


 

 

 

 

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4 commentaires »

  1. Bonjour,
    L’ensemble de votre travail est remarquable,de plus un jean PELIER sosa 2210 x BIDOU Léonarde née une fille Léonarde avant 1772 x REPAS Jean,sont les ancêtres de mon Père par sa Mère née DEVILLE.
    Merci encore.
    Amicalement

    Commentaire par Laforest Daniel — 13 octobre 2010 @ 18 h 26 min

    • Effectivement il existait depuis toujours et encore au XIX° s aux Bordes une famille Repas. Vous êtes donc parent des Repas bistrot-journaux de Laurière, aussi sabotiers jusqu’aux années 50, et chez qui je retrouvais mon vieil instituteur, le père Goudard du Mascroisier. Avant le grand brassage du siècle dernier nos familles avaient à peu près toutes des liens de parenté entre elles.
      C’est moi qui vous remercie de vous intéresser à ces histoires de vieux . Elles font revivre pour ceux qui les ont connus et pour les jeunes en quête de modèles les braves gens aujourd’hui partis pour un monde où l’on n’existe que par le souvenir .
      Amitiés.

      Commentaire par saintsulpicelauriere — 15 octobre 2010 @ 16 h 13 min

  2. Tous parents en Creuse. En tout cas des aîeux méritants parce que courageux.(j’en suis fière). Pas de suicides ? C’est vrai qu’il y avait déjà à vaincre la maladie avec la peur d’en mourir. Ah! Ces Léonard et Léonarde, à presque chaque génération de ma famille avec les François, ils sont légion. Vos documents sont émouvants et votre témoignage édifiant. Il me faut vous remercier d’avoir permis leur publication pour des « étrangers » comme moi de SENOUEIX (Gentioux). Avez-vous qque chose de ce côté-là ? En vous remerciant. A bientôt

    Commentaire par chaberlin — 15 novembre 2010 @ 15 h 22 min

    • C’est vrai que la Creuse est un morceau de Limousin cher à mon coeur; les vieux des villages sont attendrissants, comme sont émouvants les vestiges du pont de Sénoueix. Les maisons creusoises accrochent le regard par des habiletés de maçonnerie; les lieux de prière sont riches de sculptures naïves qui nous expriment la foi authentique et spontanée des temps anciens; je pense précisément à votre église de Gentioux et à ses personnages de granit. Merci Jacqueline. J’ajoute à ma page « 1917-2007 » un monument que vous reconnaitrez.
      Amitiés

      Commentaire par saintsulpicelauriere — 15 novembre 2010 @ 19 h 26 min


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