Saint Sulpice-Laurière

Les vieux lavoirs de nos villages

 »Pourquoi les puits et pas les lavoirs? Nos vieux lavoirs publics n’ont-ils pas droit eux aussi à des égards? Ils ne servent plus à rien, c’est entendu; on a tous des machines à laver, ça c’est bien vrai, mais a-t-on le droit moral de se débarrasser de tout ce qui est périmé,  hors d’usage, encombrant,  »has been » ? C’est un vieux qui vous parle; et qui n’est plus bon à rien, d’accord; mais à 100 ans, (110 ans?) il deviendra décoratif dans le village ou à  la maison de retraite. Et il  a quand même un passé respectable au service de la société…

Nos puits, nos lavoirs, nos crucifix aux carrefours et nos vieux monuments villageois représentent les vestiges du  passé de notre Limousin. Ne laissons pas  disparaître notre Histoire de Limousins et de Français.

Sur le catalogue qui s’ouvre et parmi ces propositions, quel ris choisissez-vous  pour faire votre bugeade?

  

  

  

  

  

  

  

Le montagnard –  A Saint Sylvestre, au coeur de nos collines, le lavoir est alimenté par une eau pure et abondante, qui ne doit rien aux canalisations urbaines et aux traitements de la DDASS. Le local est parfaitement clos, hormis la porte ouverte près du toit! Pendant l’été vous y êtes au frais; l’hiver, qui dure parfois plus d’une saison, on y est abrité des bourrasques de neige et de vent. Construit au milieu du bourg, il est le rendez-vous des adeptes du fait-main, de la brosse, du battoir et du savon de Marseille.

  

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Le bucolique, l’érémétique,  –  Aux Dauges, sur le territoire des Bons Hommes, près du ciel, c’était le lavoir des gardiennes de troupeaux.  Dans sa première version, en contrebas du chemin, en haut du pré, c’était essentiellement une pêcherie qu’on vidait épisodiquement pour alimenter les aiguadis. On l’avait équipée de deux pierres plates et d’un auvent dont la charpente – des piquets – se devine  encore. Peu commode d’accès, d’entretien difficile,  il a été remplacé  par le monoplace actuel, logé dans le talus du chemin. La rigole d’alimentation, le bassin, la muraille et l’auvent sont l’oeuvre de quelque habile vieux paysan-maçon qui s’occupait les doigts en gardant le troupeau.

 L’auvent est une aubaine pour le promeneur surpris par  l’orage  .                                                                                                                                                                                                                                                 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

   La gaîté, les fleurs, la fête – Niché à la jonction de la rue de La fontaine et de la route qui menait à la Poste de  Chanteloube, c’est le lavoir de  « Bersac village fleuri ». La municipalité et les habitants ont eu à coeur de rendre  leur cadre de vie agréable, et l’on doit dire et proclamer que c’est une réussite parfaite. On est saisi par l’harmonie des pierres limousinées et les jaillissements floraux dans ce qui était, avec l’approvisionnement en eau de la font, le défilé des troupeaux à l’abreuvoir, le plus animé  des lieux de vie de la coquette  petite cité.

 

   Equilibre et  sérénité  – Les Basses Rues sont  une voie routière peu fréquentée et personne ne s’en plaint: c’est souvent pour un aller simple. Les convois qui l’empruntent sont rares et peu bruyants. Sur tout leur tracé hésitant, de l’église jusqu’au terminal , on y trouve la vie discrète, feutrée, le calme d’une autre époque. Situé en son point bas, le lavoir est un modèle de sagesse et d’équilibre. Propre, coquet, bien entretenu – bravo les cantonniers! – un jet d’eau fraîche et claire fait frissonner son miroir limpide. C’est la halte choisie par les promeneurs du Pont à l’Age, les excursionnistes qui apprécient la pelouse, y posent leur sac et s’y désaltèrent.

  

  

  

  

Fonctionnel – Que dire d’autre? A Maucloup on  sait le terrible feu d’il y a deux cents ans qui  anéantit le village de chaumes en une  nuit, et dans un but pratique,  un souci d’efficacité, sans recherche esthétique  on  s’est aménagé une citerne bétonnée, une réserve d’eau pour les incendies. On peut y laver son linge. Nul n’a gardé la mémoire de  l’emplacement ou même de l’existence de l’ancien lavoir.  

  

  

  

Irréprochable – A l’entrée du village, le touriste le  remarque, tiré à quatre épingles… à linge bien sûr, avec son auvent de tuiles anciennes et sa charpente de chêne  soigneusement entretenue; les  joints au ciment blanc sur  les murs et le dallage soulignent et accentuent  l’impression de solidité, d’ancienneté, de bon goût, que les habitants de Grandvaud confirment et complètent en restaurant les vieux puits de leurs jardins.(lire « Vieux puits de nos villages »)

  

  

  

  

  

  

  

  

  

  

  

 

  

  

  

  

  

Romantique – Sur le dernier filet d’eau qui descend du Bois des Echelles et qui traverse le hameau de Cressac, à Saint Sulpice-Laurière, c’est un lavoir privé, aménagé avec goût et pour pas cher,  plein de poésie,  le rendez-vous d’Ophelia:

 There is a willow grows aslant a brook,

 That shows his hoar leaves in the glassy stream…

There, with fantastic garlands did she come

Of crow-flowers, nettles, daisies, and long purples

That liberal shepherds give a grosser name

But our cold maids do dead men’s fingers call them…

    (si amateurs de poésie, voyez Note 2-27)

  

Le charme discret de l’eau fugitive – Il suffirait d’abaisser la porte de l’écluse pour que le lavoir soit remis  en eau. Le ruisseau de La Jonchère retrouverait un peu de son attrait de jadis avec deux bancs sous le vieux saule pour les anciens de la commune; mais les choses ne sont sans doute pas aussi simples. Ces travaux sont certainement règlementés pour des motifs sécuritaires et entraîneraient peut-être des aménagements importants .  

  

  

  

  

  

  

  

  

  

  

  

  

  

  

  

  

  

  

  

  

Enigmatique – Le lavoir banal du sgr Du Vignaud est une curiosité. Comment expliquer les niches pratiquées dans la muraille autour du bassin? On parle quelque part  de logements pour des ruches… En ce cas il ne pourrait évidemment pas s’agir d’un lavoir, la cohabitation n’étant pas possible, la position des laveuses les rendant particulièrement vulnérables. On cherche en vain les pierres plates de lavage. Ont-elles existé? ou le  « lavoir » était-il seulement un abreuvoir?

 L’actuelle route de Limoges est d’un tracé récent.( v trx de Michel Desbordes) 

  

  

  

  

  

  

  

  

  

  

  

  

  

  

Historique  – A la Jonchère on l’appelle   « la fontaine de Raby ». L’usure de la margelle témoigne de son ancienneté. Son histoire  est brièvement racontée  à la page    »Sauvagnac » 

  

  

  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 Misérable et abandonné – C’est le lavoir de La Pissarotte, jadis rendez-vous animé  des laveuses du Bourg de Saint Sulpice. Pendant les années  de sècheresse prolongée, les puits étaient à sec et on venait remplir les seaux, les cruches  et les brocs à la fontaine de La Pissarotte. L’eau qui l’alimentait ne tarissait jamais. Elle s’écoulait du ruisseau de l’Auge, qui prenait sa source dans la tourbière de la Palou – le palus  romain –  et  irriguait des pâtures au long de  sa descente en cascatelles (les  »échelles »). La commune a procédé au captage de la source; la tourbière qui jouait le rôle d’une vaste éponge s’est trouvée drainée, asséchée, elle s’est couverte d’arbustes, de broussailles, puis elle a disparu. L’eau du lavoir s’est   »évaporée ». En  2010 de nouveaux travaux sont entrepris à grand renfort de moteurs et  d’électricité pour contrôler l’eau de la montagne, son Ph surtout qui est très bas.

 Du débit du  ruisseau voisin de Cressac, de même provenance, il reste peu de choses. Le charmant lavoir qu’il alimente et les prés Gros qu’il irrigue sont menacés. On mettra ça sur le compte du   »changement de climat » et on lèvera les bras au ciel en signe d’impuissance, sans même soupçonner les modifications anthropiques locales .

Si les maires, leurs adjoints  et leurs conseillers, qui ont choisi de se positionner sur  les hauteurs,  sortaient ensemble leurs zigounettes et nous pissaient de l’eau potable, on les verrait faire quelque chose de propre et d’utile. Ils en sont bien sûr incapables. L’eau qui coule dans les tuyaux municipaux ou syndicaux pour la Collectivité qui l’utilise et la gaspille,  ils ne l’ont pas fabriquée. 

 

 

 

 

 

 

  

 

  

                  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

                                                                                                                                                                                       

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

  

  

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2 commentaires »

  1. Comme un débutant, je suis toujours à la recherche en ligne pour les articles qui peuvent m’aider. Merci Wow! Merci! J’ai toujours voulu écrire quelque chose dans mon site comme ça. Puis-je prendre une partie de votre post sur mon blog?

    Commentaire par webpromote — 21 décembre 2010 @ 13 h 58 min

    • Ces pages ne font ni ne peuvent faire l’objet d’aucune exploitation commerciale, ni en tout ni en partie; sorrydésolé. A part ça merci d’apprécier ce que vous trouvez ici. Sous toutes réserves.

      Commentaire par saintsulpicelauriere — 21 décembre 2010 @ 15 h 24 min


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