Saint Sulpice-Laurière

De l’autarcie à l’ouverture.

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++++Un coup d’oeil dans le rétro++++  

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fig.1   

                                                                                                                                           fig.2                                                                                                                              

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La vie au village – les artisans – les travaux  des champs.

L’exemple des Bordes – (lire aussi   « Les Pellier, maçons migrants » )

Les fermes s’alignent en bordure de la route tortueuse (fig.2), mais derrière cette apparence d’ordre il existe aux Bordes un espace commun, fermé, secret, le coeur du village, où les habitations sont plantées sans souci géométrique . Pas de clôtures marquant des limites privées. La multiplication des barrières rendrait la vie impossible à tous. Avec l’enchevêtrement et les indivisions de propriétés, les servitudes et les droits de passage, la vie en société n’est pas simple. Le partage de l’espace n’est pas souhaité, voulu; il est vital, nécessaire, il s’impose. L’usage et l’entretien du puits, du lavoir, du clédier aux châtaignes exigent des règles, un code de conduite. La société villageoise recherche son équilibre en permanence. Sans tolérance, entraide, solidarité, sans la conscience de l’intérêt général, la vie n’est pas tenable. Le village est une petite république où les erreurs se paient cash, à la différence de la grande. La perte (le vol?) d’une poule, d’une gerbe; une touffe d’herbe broutée par les moutons du voisin et l’ordre social est menacé. Un partage de biens contesté et plus rien ne va dans la famille. Mais le village retrouve toute sa cohésion dans un bal, ou sur le marché, face aux « étrangers » du village voisin. Le chef-lieu, Jabreilles, demeure le siège privilégié des rites de passage; c’est l’église, le baptême, le mariage, les nouvelles placardées sous le clocher-porche, et  le cimetière où reposent les ancêtres et où les vivants rejoindront les morts.

  Un troupeau d’oies divague librement. L’entrée des volailles dans la chaumière – à droite –  est  contrôlée par un portillon :  les poules picorent les miettes sous la table et sous surveillance, c’est bien,  on ne laisse rien perdre;  mais elles sèment des crottes  sur les meubles de la cuisine-chambre-salle à manger, et  c’est gênant quand ça tombe sur le lit. Les fenêtres sont étroites et dépourvues de volets. La vigne s’accroche au mur et atteint le chaume. A l’ extérieur par économie d’espace, un escalier  de pierre conduit à une pièce aveugle. Une échelle donne accès  à sans doute rien de précieux car le seigle et les châtaignes séchées sont conservés dans la partie habitée,  les racines – raves, carottes, navets – sont ensilées dans la cave. Les fragiles échelons  conduisent  au  juchoir de la volaille. Saint Léger, Saint Michel, les Bordes, Cressac, Sauvagnac, le Bourg , Frontignac …tous sont  semblables à  ce village  typique, sans âge et de n’importe où, où l’on rencontre les mêmes gens qui mènent la même vie.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

        

 La  démographie des siècles passés et jusqu’à l’entre-deux guerres se caractérise par l’importance de la population  disséminée dans ces villages-hameaux. Il en résulte un maillage géographique et une continuité dans la mise en valeur agricole du Limousin. Elle représente  85 pour cent du peuplement de la province, les villes et les quelques gros bourgs se partageant le pourcentage résiduel. Aujourd’hui cette répartition est inversée; les populations actives  des campagnes sont essentiellement des chevreuils et des sangliers pour Obélix. Parmi eux dans les champs cultivés subsistent quelques spécimens d’une espèce plus menacée que protégée – en voie de disparition- des paysans. C’est un lent retour à la forêt celtique….

Pour couvrir les bâtiments l’ardoise est inconnue;  la tuile il faut la payer; on utilise la paille de seigle battue au fléau, qui vient du champ familial, qui a donc le mérite de ne rien coûter, et le grave inconvénient de faire de temps en temps, du village entier, la proie de terribles incendies. Et il se trouvait toujours quelques grains de blé oubliés qui attiraient les rats, ce qui était également un problème.

 Vous pensez que cette brave chouette-effraie, nourrie de petits rongeurs, est la victime innocente d’un paysan borné et superstitieux….  La  malheureuse avait surtout  le tort de trouver sa nourriture dans les toits de chaumes, de la poursuivre en arrachant la paille  et de provoquer ainsi de fâcheuses gouttières. Les populations d’oiseaux nocturnes ont été décimées non pas sur les portes de granges mais sur les routes dans les phares des autos. A la Libération on pouvait voir en certains lieux privilégiés – la côte de La Chaize, entre Bersac et Laurière par exemple –  des hécatombes, des marmelades de chouettes et de hiboux. Aujourd’hui une sélection s’est opérée dans la faune ailée;    des pies, des geais et des corbeaux  prolifèrent dans  les forêts de résineux et détruisent les nichées d’espèces plus petites. Sur les routes  il n’y a   plus guère que des hérissons écrasés. L’Homme crée ainsi de nouveaux équilibres naturels. Dans le monde animal aussi, c’est le triomphe des nuisibles.

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Il s’agit d’une vue partielle, prise depuis le Bois des Echelles, côté Chatelard, et qui exclut le Bourg et Frontignac. Elle est antérieure à la Grande Guerre et elle donne avec le panorama des monts de la Marche une idée de ce qu’était l’activité agricole il y a cent ans:

Au 1er plan la pente raide est occupée par des taillis qui pourvoient au chauffage. Des châtaigniers sont cultivés en verger sur le replat. D’arbres à bois d’oeuvre seuls apparaissent des rideaux de chênes  au long  de la route « de Saint Léonard » et à la Californie, en bordure du Rivalier.

Etagées jusqu’aux cimes, les taches claires des prés et plus sombres des terres labourées témoignent de l’ardeur des paysans à tirer le maximum de l’intégralité de  leur domaine jusque dans ses parties les plus ingrates. La lande et des chômes occupent les crêtes ; ce sont des biens de sections et de   « vaine pâture ». Elles donnent aux moutons limousins qu’elles nourrissent leur chair réputée. La locomotive de la ligne de Montluçon se charge périodiquement d’y faire l’écobuage et  l’essartage;  les vieux  se souviennent d’avoir entendu sonner le tocsin et vu les hommes partir  une pelle sur l’épaule: les nuits rougeoyaient depuis Gaudeix jusqu’à Considat .

 

 

 

 

 

  Les  bergères et leurs  troupeaux dans la lande commune

  

  

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Le maréchal-ferrant:

12 le maréchal ferrant

Tout un peuple d’habiles artisans   jouait un rôle économique irremplaçable dans l’activité du village agricole. Le forgeron-maréchal ferrant  fabriquait et réparait les ferrures d’huisseries, les grilles et les outils des paysans. Il ferrait leurs  animaux de trait.  Les enfants pouvaient courir nus pieds, pas les animaux  dont les onglons s’usaient vite à tirer la charrette sur les chemins caillouteux. On prenait rendez-vous chez Louis Valaud, qui chaussait  de  fers les bêtes de ses voisins du Bourg: Dumas, Jeanton, Joly, Ménet, Triolet ; des quatre fermiers du village de Cressac, des trois de Chez Jourde; il y en avait autant à la Thière et à Poperdu. Palisse du Combeau lui confiait  la robuste paire de bœufs rouges qui tiraient le lourd brabant, à l’automne, pendant des journées entières. Les clients arrivaient avec leurs bêtes au lever du jour. La forge  les attendait. Le Louis immobilisait  l’animal dans les sangles de son travail. Les fers rougissaient dans la braise. Des quatre pieds fourchus il protégeait l’onglon extérieur.   Grésillait le sabot et  s’envolait  une écoeurante odeur de corne brûlée.  La chaussure était fixée  avec de longs clous effilés et à grands coups de marteau. Le plus surprenant  c’était la placidité de la bête. On crispait les doigts dans ses poches et les orteils dans ses galoches puis on reprenait en courant le chemin de l’école. C’était la première leçon de la journée. 

 

 

 

  

  

  

  

  

  

Le charron:

 47 l'embattage608le charron Atelier Palade

André  Bessaudou le charron avait repris les outils de son père Louis et de son grand-père Hippolyte. L’atelier se perpétuait  entre  la ferme Chapon et   notre cour d’école. André prenait soin des outils de taille ; il façonnait et  retrempait l’acier des haches et des taille-prés, des serpettes et des cognées: il était taillandier. Il produisait les robustes roues des charrettes et des tombereaux, parfois celles élégantes, légères et fines des attelages  bourgeois, des voitures de luxe. Autour d’un moyeu en cœur  de  chêne il disposait géométriquement les rayons de ces soleils de bois.  Puis au travail de menuiserie  succédait l’embattage. Avertis par les bruits, la fumée, les ordres criés,  nous étions quelques-uns à nous précipiter au spectacle à la sortie de l’école : sur le sol  un feu rougissait ce  qui allait devenir le bandage de la roue. Au  signal plusieurs  longues tenailles soulevaient le cercle de feu ; on retenait son souffle, on était fasciné par l’union brutale du bois et du métal. Puis l’eau prestement versée s’envolait dans un éclatement de vapeur et de braise éteinte.

Le sabotier:

A Laurière, dans un coin de la place du général Thoumas, une devanture en bois dont la peinture s’écaille doucement: c’est  l’ancienne boutique d’épicerie-saboterie de feue   « la maï Testant », la maï, façon de parler familière  qui n’implique aucun irrespect. On poussait la porte; driing! un peu de patience et l’épicière  arrivait en s’essuyant les mains sur son devantal . En plus du sucre et des conserves elle vendait des oeufs, des lapins morts ou vifs et toute sorte de volailles élevées, sacrifiées, plumées et vidées par ses soins. Sur la brèche à   six heures du matin elle vendait aussi du blé en boisseaux, du foin et de la paille de ses champs, en bottes que le client faisait sauter du haut de la barge. Dans la cour derrière sa boutique on entendait une mère cane appeler ses petits. Il y a quelques décennies, les frisures des derniers copeaux parfumés de hêtre et de noyer ont roulé sur la terre battue dans l’échoppe de René le commis sabotier, successeur du paï Testant, et ils y sont encore. Depuis la rue, à travers la vitre et les toiles d’araignées gonflées  de poussière, voiles figées d’un passé englouti à jamais, celui des sabotiers et des saboteries, on aperçoit le billot et le tabouret vides, des outils bizarres, et accrochées au mur, las sauquas  qu’on n’entendra pas claquer dans les chemins.

  

 

 

 René avait fini par vendre  à l’unité à ses derniers clients  les touristes du Pont-à-l’Age des sabots décoratifs  pour la brosse à habits de l’entrée, et des pendeloques   estampillées à la pyrogravure:   « souvenir de Laurière » .

 

 

 

René Drouillat, de l’épicerie-saboterie Testant à Laurière; le dernier sabotier du pays. Irremplaçables et précieuses photos de Danielle Clément, à voir dans   « chabatzdentrar.blog4ever.com/ »

Souvenirs… J’apprends que la  « sauque » gauche de la jeune mariée était jadis précieusement – religieusement – conservée parce qu’on lui attribuait des vertus de porte-bonheur, et je me souviens de ce gentil sabot féminin, délicatement sculpté d’une rosace sur le dessus, accroché au mur de  la chambre de mon arrière grand-mère Catherine Richard. Mes trop courtes années de vilain garnement chez mes grands-parents maternels sont semées de   jalons proustiens et de réminiscences baudelairiennes qui me les font revivre – ou retomber dedans –  avec délectation.  Hélas, après le décès du grand-père j’ai assisté encore jeune et désarmé  à la chute et au pillage de la maison Joly. Peut-être aurait-on dû essayer plutôt un fer à cheval.

le blé

24 battage de la faux 57 le moissonneur25 liens des gerbes26 battage au fléau

1/ battage de la faux: La lame est tenue sur une enclumette plantée dans un billot et son tranchant est  rendu coupant par un martelage précis qui écrase le fer et rénove le fil.

2/la faux du moissonneur est munie de doigts qui  accompagnent le mouvement de la lame et rassemblent la javelle .

3/Des tiges de seigle battu au fléau sont mouillées et torsadées. Elles lieront les nouvelles gerbes.

4/plan-plan-plan-plan,  plan-plan-plan-plan, c‘est la phrase des quatre   fléaux qui frappent en cadence l’aire de battage. C’est le chant des sabots sur la place du village. Comme les Flamandes de Jacques Brel,  jeunes et vieux dansent quand le grenier est garni; les fourmis se donnent du bon temps si le climat a été propice à leurs travaux d’été.

On marquait le coup, on célébrait la fin de la moisson en faisant un sort particulier à la dernière gerbe du champ, énorme, plantée sur le sommet  de la dernière charretée. On  la hissait la-haut avec une fourche au long manche et ça n’était pas une mince affaire; plantureuse et triomphante, décorée  des bleuets et des coquelicots du champ, empalée sur  la fourche plantée droit,  depuis notre terre de Laigoméno on lui faisait visiter les hameaux de La Thière et de Chez Jourde où habitait la mère de Frédou Lavaud notre domestique.

La chenevière, le chanvre et les tisserands. 

  

64 le chanvre - Copie 78 La bargue - mâchoire à lamelles pour le lin 6 (2) 29 la fileuse de chanvre 30 le dévidoir65 le métier à tisser

 

L’été se termine.  On coupe les longues tiges de chanvre près de la maison, sur le terrain abondamment engraissé de la chènevière. Chaque ferme a sa chènevière. Lié en faisceaux, mis à fermenter dans l’eau de la pêcherie, broyé pour séparer ses fibres avec la bargue , ce curieux appareil qu’on peut voir  au musée Bobérot de Chateauponsac (voir Notes 2-24): c’est le rouissage . Après un passage sur la quenouille de la grand’mère, le chanvre  devient le fil, ou la corde et le câble que le paysan utilise dans ses travaux;  le drap de son lit, ou son linceul. Le chanvre  était  rarement mentionné sur les baillettes des fermages. Il  pourvoyait aux besoins domestiques d’une société à l’économie fermée; elle  couvrait ses besoins par ses productions. Le tisserand fabriquait du drap pour son compte avec le surplus de la matière première qu’il recevait. Cette autosuffisance , ces besoins limités, cette vie ralentie permettaient d’ignorer l’existence de l’au-delà des monts.

 Le train a désenclavé la région, le métier des tisserands est au musée de Chateauponsac; le vieux cadastre qui mentionne les chènevières atteste seul de cette activité passée.

                                                                                                                                Apprentissage de la traite

28 apprentissage de la traite

L’attelage

23 l'attelage

Le chauffage – le  » lénier ».

les  « vestales-gardiennes du foyer » ce  sont les indispensables  vieilles de la famille, avec leur coulet sur les cheveux.

33 le bois pour l'hiver70 le lénier

 

On brûle le cochon qui vient d’être  saigné: avec des bouchons de paille enflammée on débarrasse la couenne de ses soies, et on fignolera l’épilation par une friction à la brique humide.

35 on brûle l cochon

 

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1958 – Pierre et Eugénie Mandon, fermiers  à la ferme Mangaud de Cressac, labourent leur terre de la Crou do Teilho.Note 2-28. La Reino et la Fauvé tirent le brabant d’un même élan. Un bosquet  marque une zone respectée par le soc des charrues et la dent des moutons: l’ancienne rencontre des chemins et des chemineaux, marquée par un arbre-ralliement et un crucifix vermoulu,  où  l’abbé Mialou  érigea une croix de pierre ; c’est avec le Bourg et la Roche un des  points hauts du piémont des Echelles. A droite de l’image le terrain s’enfonce en pente rapide: la vallée du Rivalier.
………. Les hameaux, écarts et lieux-dits : Cressac, La Thière, Le Combeau …, révèlent encore leurs structures et leurs équipements  agricoles: cours de fermes, étables avec les cornadis,(ci-dessous), les culs de fours –  pignons arrondis des fours à pain –  les  aires de battage.

 

39 la fête38 la noce

L’hiver la terre se repose ; les greniers sont pleins, le fils maçon est revenu après une  campagne fructueuse;  dans les cours des fermes on entend couiner les porcs  qu’on égorge; on célèbre Noël en famille avec de la soupe au  lard et des boudins aux châtaignes. Aux veillées on échange des nouvelles et des idées, pendant qu’à la lueur  de l’âtre  les mains s’activent  à éplucher les châtaignes, et que s’ébauchent des idylles. La fin des moissons a été célébrée par des danses, mardi-gras par les espiègleries des jeunes; à la Saint Jean d’été les villages ont marqué de feux de joie leur place dans la nuit  de la  montagne. Février et mars: l’hiver se termine et les provisions ne manquent pas; alors ce  sont   des mariages et des festivités en série, qui réunissent tous les villageois et sont un défi lancé par la communauté aux incertitudes de la nouvelle année. La vie est la plus forte, à l’automne elle sera  dans tous  les berceaux.37 les mascaras60 le feu de Saint-Jean

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Lieux et monuments

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fig.1: Les étapes du développement de la commune de Saint Sulpice-Laurière
Le tracé originel de la voie ferrée, rectiligne, est marqué en jaune. La gare dite    « de Laurière », située primitivement au Puy Courty Bas, a trouvé sa place définitive à  « Sen Supéri » dans une rectification du tracé. Pour le sort du village on peut parler de tournant décisif.

……..1a  – Peuplement d’origine: le Bourg a choisi pour s’implanter et se développer au fil des siècles un affleurement rocheux peu propice aux cultures. La base des murs des bâtiments est ancrée sur la roche dure et sèche. Le site n’empiète donc pas sur les terres labourables. La situation permet le contrôle visuel des chemins et des champs d’alentour. Aux petits matins du solstice d’hiver, quand le soleil se pointe à l’échancrure du col de la Roche, ses premiers rayons sont pour le Bourg. L’eau arrive d’une source de la montagne – l’actuelle Pissarote – par une canalisation souterraine en bois. S’y regroupent les marchands, les propriétaires fonciers-rentiers –  les bourgeois –  un curé lettré qui fait figure de savant y tient la comptabilité des âmes, et un peuple d’artisans: charron, forgeron, maréchal ferrant, sabotiers, tisserands. L’épicerie et le cabaret complètent les besoins et le confort des bourgeois. Dans la périphérie: les prés, les labours, les châtaigneraies: la vraie Terre limousine ingrate, choyée, jardinée plus que cultivée, où les familles – jeunes et vieux, trois et parfois quatre générations sous le même toit – vont  arracher leur subsistance .

…………………….265

1939 – Un citadin en mal d’exotisme a pris la pose, « l’aigüillade » à la main, devant l’attelage de Victor Joly.

……….Dès l’immédiat après-guerre et en quelques années disparaît le mode de vie ancestral, médiéval à peu de chose près , où les jours se succédaient au rythme immuable des saisons et au pas tranquille des ruminants. Les chemins caillouteux étaient marqués par les troupeaux allant et venant du pré à l’étable, les tombereaux de raves et de patates,  les fenaisons et les moissons par charretées dont les branches basses sur le parcours conservaient des trophées suspendus. L’odeur des foins imprégnait les soirées d’été.  La forge est éteinte, l’enclume qui résonnait dès l’aube comme un appel à se retrousser les manches est partie chez le  ferrailleur; la boucherie-charcuterie et les deux épiceries-merceries-bistrots ont fermé leurs portes que plus personne ne poussait. De sa suprématie de centre artisanal, culturel, cultuel, administratif et commercial, le Bourg a pu conserver en 1880 la mairie et les écoles en faisant valoir sa situation   « d’épicentre » de zone rurale (lire   « l’école d’autrefois »).

                               
………. La tranchée de la voie ferrée qui entaille le promontoire du vieux bourg – réputée  la plus profonde  sur la ligne Paris-Toulouse – le coupe en deux quartiers au sort inégal, l’un recevant en partage le cimetière décentralisé.  L’alimentation en eau de source qui arrivait du Bois des Echelles s’est tarie avec cette coupure et a contraint la ferme Chapon à aménager à grands frais une nouvelle adduction.

41 Frontignac  le pré de Joly la Fontaine (2)

 

 

 

 

La fontaine de Frontignac: L’eau apporte la vie. Aujourd’hui il faut vivre au Sahel pour  prendre conscience de cette banalité. Jadis les Celtes divinisaient les sources, et ce qui est vu à Frontignac comme la simple niche d’une fontaine  était un autel dont on imagine des vestiges. Ce culte païen était trop enraciné pour disparaître; il a été christianisé et perpétué par la dévotion aux saints des bonnes fontaines.

 Un libre accès entre deux rangs de barbelés lui garde son statut de fontaine publique.

 

 

 

 

 

  

     1bFrontignac– la terre du gallo-romain Frontinius  conserve aujourd’hui son noyau primitif sous la forme d’un habitat dense, désordonné, traversé d’un chemin étroit et tortueux. Demeure  la font du village,  divinité champêtre  préservée des souillures dans sa niche de granit.

Le bétail s’abreuvait  au ruisseau qui descend du bois des Echelles et qu’on passait à gué sur le chemin du Bourg . Les femmes y conduisaient leurs brouettées de linge  et leurs baquets les jours de lessive.  Elles avaient de l’ouvrage   en abondance avec les ouvriers du Dépôt; elles étaient nombreuses  et parlaient fort dans le claquement des battoirs. L’actuel champ de foire, ancien labour qui  venait d’être acquis par la commune, était encore le domaine des volailles de la ferme Pintiche. Le jars qui régnait sur la multitude cancanante poursuivait les chiens et pinçait les mollets de la marmaille en culottes courtes. Aujourd’hui, de son passé agricole, Frontignac conserve le vaste pré de Joly et les mouillères du ruisseau qui rejoint le Rivalier.

42 Frontignac  le pré de Joly la Fontaine (3). le pré de Joly

1b – Les tuiles ont remplacé le chaume et sur l’image elles marquent le village d’origine d’une tache rouge parmi les ardoises des bâtiments voisins plus récents. Frontignac avait ses boutiques et ses échoppes, mais il était lié au bourg par cette personnalité morale qu’on appelle la paroisse. Il apportait sa clientèle aux commerces du chef-lieu dont l’église constituait le pôle d’attraction.

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Le Bourg – XIX°-XX°s – Commerces.

 

……….2 Avec l’arrivée du Paris-Orléans- le P-O – le peuplement et l’urbanisation du site jaillissent du sol comme l’herbe après la pluie . Le rail  crée de nouveaux besoins et il apporte des ressources nouvelles. Il impose sa balafre au paysage et remodèle le réseau des chemins. Les routes de Poperdu, de Cressac, des Betoules, de Plaisance et du Dépôt se conforment au tracé de la voie. Celles de Frontignac, de la Trappe, de Poperdu    servent de liens avec la Gare, nouveau point central au détriment du vieux bourg et sa vieille église . Des immeubles s’alignent, commerces et logements, des maisons à étages qui abritent dans l’urgence la multitude de cheminots et d’emplois annexes: logeurs, restaurateurs, cabaretiers, boulangers; des emplois féminins: blanchisseuses, lingères, couturières; des fonctionnaires: instituteurs, gendarmes, postiers; des employés communaux. Des rues se forment et la nouvelle agglomération prend consistance . La gare palpite de vapeur et vibre de sifflets. La campagne  s’anime, les productions agricoles se vendent bien dans la ville  qui s’esquisse. Les maçons ont du travail sur place et se sédentarisent. Les tisserands à domicile disparaissent, une partie des journaliers agricoles se reconvertit, la papeterie devient une filature.(v.Note 13)

 

La population, de 699h en 1836, atteint 1410h en 1863. Très tôt  la Compagnie d’Orléans dût participer à la construction de logements pour son personnel. Rue des Ecoles un immeuble aujourd’hui vide fut occupé par quatre familles et leurs nombreux enfants. Une rangée de Maisonnettes abrita des appartements gémellés, mal insonorisés, mais dont les occupants appréciaient la modicité des loyers et les vastes jardins  où ces paysans de coeur occupaient leurs  loisirs  .

………..3a A la Libération, avec l’urbanisation planifiée et réglementée, l’aspiration au confort est prise en compte ou devient le souci principal des urbanistes. Le lotissement du Moulin, sur les anciennes terres du moulin à papier – a offert aux propriétaires-accédants des parcelles viabilisées pour construire   à leur goût la maison de leur choix. Parallèlement en créant des zones de peuplement viabilisées  à proximité des services urbains, l’administration combat le mitage des terres à vocation agricole.

……….3b La zone industrielle  des Nouhauts,(les Noyers) à l’écart du centre habité, a pour vocation d’attirer et de concentrer les activités à risque de pollution par le bruit, les fumées, les gaz… . Partout les communes rivalisent en propositions matérielles et financières avantageuses. Hélas les  rares  candidats potentiels posent leurs conditions et tardent à venir, pendant que ce  qui existait disparaît; la filature et la tapisserie sont des souvenirs; une tentative de négoce de produits agricoles a fait long feu …

10 le boulanger

Il y a cent ans, rue de la Gare,  la boulangerie Simonet a précédé la création de la Coopé (- la boulangerie coopérative du Dépôt -). On aperçoit les gros pains de deux kilos – les mêlées –  aliment populaire de base dont le poids était strictement réglementé et contrôlé.

La balayette que tient Simonet  servait à toiletter le pain, le débarrasser des charbons et des cendres  à sa sortie du four à bois.  

Quand le pain était sorti du four, la chaleur résiduelle était mise à profit par les voisines  pour cuire des tartes ou mitonner des ragoûts.

  

   

  

  

  

  

  

  

   Le pain quotidien.

  

  

  

« Ce jour … à onze heures du matin nous soussigné commissaire de police du canton de Laurière haute-vienne,

Etant en tournée pour vérifier le poids du pain, assisté de M. Moreau, maire de la commune de Laurière.                           

Nous sommes entrés dans plusieurs cantines qui se trouvent situées à La Ribière, au Peux et à la Bertrande, communes de Laurière et de Saint Sulpice-Laurière.

Ayant procédé à la vérification des différentes formes de pains livrés aux consommateurs et propriétaires des dites cantines, savoir livrés par le sieur Chabannaud boulanger à Laurière: Quinze pains devant peser chacun quatre kilos: en moins trois kilos quarante grammes – douze pains de deux kg pesant en moins 3 kilos, différence au total 6kg 40 grammes.

Livrés par le sieur Ballet boulanger à Laurière dix-huit pains devant peser 4kg chaque, en moins 8kg500g; dix neuf pains de 2kg chaque pesant en moins3kg700g: différence en moins 12kg200g.

Livrés par le sieur Briquet boulanger à Laurière un pain de 2kg, en moins trois cent grammes; deux pains de 4kg, en moins 400g.

Livrés par le sieur Pascaud boulanger à Laurière,deux pains de cinq kg chaque, en moins quatre cents g.

Livrés par le sieur Combrouze, boulanger à la Californie, cne de St Sulpice deux pains devant peser dix kg et ne pesant que 9kg5; quatre pains de deux kg chaque, en moins 750g.

Nous nous sommes assurés chez chaque acheteur que les pains dont il s’agit étaient marqués sur les tailles pour deux, quatre et cinq kilos pièce.

Attendu que les boulangers n’étaient pas présents à notre vérification, nous avons laissé les pièces à la disposition des acheteurs.

Nous avons ensuite dressé le présent procès-verbal pour y être donné telle suite qu’il appartiendra.

Fait à Laurière le jour, mois et an que dessus. »

   « La miche pour les gens riches et lo tourto per notrei ». Le père serrait contre lui la grosse boule de pain bis, il y traçait une croix de la pointe de son laguiole, puis il découpait et distribuait autour de la table  les  longues tranches  dont il réglait l’épaisseur. Les mains se tendaient en silence. De ce pain et de ces moments  on garde la saveur éternellement . 

 Le râteau à pain   fixé aux poutres   au-dessus de la table familiale,   mettait à la vue de chacun l’alignement des boules de pain bis: la provision de tous, gérée par le Père. La voisine entrée pour demander du sel ou emporter des braises de la cheminée dans un vieux sabot lui donnait un coup d’oeil discret. On ne chauffait pas le four plus d’une fois par quinzaine mais le pain n’était jamais dur: on le coupait en fines tranches dans l’assiette creuse et on versait dessus  le bouillon chaud et gras, qui   « faisait des yeux » . On parlait peu à table, on communiait; c’était ça la vraie communion, celle de l’église en était le sacré simulacre.

« C’était une autre vie,  un autre monde », radotait le vieux.( Sur son banc au soleil il parlait à ses souvenirs).

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002

  

fig.2:  fin XIX°s une filature avait pris le relais de la papeterie du marquis de Laurière.

 

………. Des tracasseries juridiques sont venues à bout du prospère garage Cadet; employés et ouvriers se sont dispersés. Un nouveau départ a été pris par un jeune professionnel courageux et qualifié. La Z I du Noyer est occupée par les services communaux. Ici comme ailleurs l’activité industrielle ne jaillit pas spontanément sur le terrain qu’on lui désigne; elle naît de la rencontre d’individus entreprenants et de personnels motivés, tant il est vrai que la richesse d’un pays c’est avant tout ses habitants. A  la fermeture du Dépôt, la migration massive des ouvriers mécaniciens vers l’Arsenal du Palais, faute de relais sur place, priva  la commune de son riche potentiel et la  plongea   en léthargie. A la Libération des demandes d’implantation furent formulées et repoussées: en ce temps-là on n’aimait pas les patrons! N’accablons pas la commune, c’est le pays tout entier qui est devenu un désert industriel, fournisseur de matières premières, c’est-à-dire un pays en voie de  sous-développement. Ainsi la France produit et exporte du bois qui lui revient d’Allemagne, de Belgique, de Suède, de Chine, du Portugal sous forme de meubles, de plaques d’agglo, de lames de parquet, de granulats pour le chauffage.

……….3c Une zone touristique a reçu un début d’aménagement aux abords de l’étang communal, sans toutefois  que soit défini un projet quelque peu ambitieux. L’expérience de certaines communes montre qu’un équipement de loisirs est une aventure qui peut  se terminer en gouffre financier. L’opération doit être habilement conduite par les édiles locaux, et surtout fraternellement épaulée – c’est-à-dire copieusement arrosée – par des amis du Département, de  la Région, une banque …Les œuvres laïques sont aussi d’un bon secours pour regonfler les budgets déficitaires.

 

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Un antimonument:

…………..003
fig.9: le dernier rescapé des anciens  abris-refuges du Paris-Orléans.

Cette année encore – 2008 – subsiste à Poperdu, oubliée des gens et du temps, une baraque dressée dans les années 1850 aux frais de MM. les Entrepreneurs   par les terrassiers du Paris-Orléans, en contrebas d’un gros rocher qui la protège des bourrasques, à pied d’œuvre du chantier du tunnel du Combeau.
Cantine, dortoir pour les plus infortunés parmi cette main-d’œuvre sous-payée; abri provisoire dont le luxe était une cheminée rudimentaire; on venait s’y enfumer plus que se sécher et se réchauffer après les orages, et se dégourdir les doigts avant de reprendre la pioche. Infirmerie. Mouroir. Fera-t-on cas un jour de cette misérable bicoque, de ce vénérable refuge des pionniers de la Voie, pour le passé de labeur et de souffrances qu’il évoque?  qui sait… peut-être lui décernera-t-on un jour et en toute simplicité, en présence  du maire et des caméras de FR3 le titre de « plus-ancien-Foyer-des-Travailleurs-de-la-Voie-connu-sur-le-territoire-de-l’Hexagone »?
Possible, mais il faudrait se presser. De semblables vestiges, à proximité des trois tunnels et du remblai de Frontignac, ont disparu dans l’indifférence des populations et de leurs représentants élus, scories d’un passé ignoré, gênants, inesthétiques, verrues du paysage.
Après divers avatars, le baraquement de Poperdu – plus provisoire que jamais – doit sa survie précaire à un habitant du hameau qui après l’avoir utilisé comme volière et pigeonnier, s’en sert encore  comme débarras, stockage d’outils réformés, antichambre de la décharge. Un jour la baraque sera « ébouillée »,  le terrain sera vendu comme emplacement à bâtir, et …balayés les souvenirs!

Les conditions de travail des ouvriers de la Voie au XIX° s:

Accident à l’explosif:-  « Ce matin vers 10 heures et demie le nommé Malleville Antoine, âgé de vingt huit ans, natif du canton de Gourdon (Lot), était occupé à charger une mine dans le tunnel du chemin de fer. Il avait déjà mis la poudre au moyen de la cartouche dont il se servait généralement; il mettait donc la terre pour combler le trou et faciliter l’explosion quand tout à coup la poudre s’est enflammée, l’explosion a eu lieu et l’instrument dont il se servait pour bourrer lui a été envoyé au crâne dont il lui a fait une blessure mortelle. M. Pontis, médecin, affirme qu’il ne vivra pas plus d’un ou deux jours. Il laissera une veuve et un jeune enfant privé de l’usage de la parole. Le blessé a été transporté à l’infirmerie établie aux frais de MM. les Entrepreneurs. Il n’aura sans doute pas pris toutes les précautions nécessaires en mettant la charge dans le trou de la mine. Il y aura eu quelque caillou qui sera l’objet du feu. Ayant examiné attentivement le bourroir dont il se servait, il nous a été facile de reconnaître qu’il est en cuivre; il n’y a donc pas faute de l’entrepreneur, …..Le manque de précaution du sieur Malleville lui coûte la vie vu que d’après l’affirmation de M. Pontis il ne doit pas vivre plus d’un ou deux jours. »
(Dr Pontis, médecin à Laurière) – Extrait de  « Rapports du Commissaire de police du Canton de Laurière » 1864 (archives de la mairie de Laurière) – 

.337 chateau de Crochat

 

Mais tout le monde n’était pas logé à l’enseigne de Poperdu. Résidait au château de  Valmate l’ingénieur Mignon qui creusa le tunnel de la Roche  sans études géologiques préalables par souci d’économie sur le budget qui lui était alloué. La  dizaine de pauvres bougres dont la vie fut par chance épargnée  par un éboulement blâma la fatalité qui s’acharne sur le pauvre monde, attribua le miracle à l’inépuisable bonté divine et se cotisa pour acheter une statue de la Sainte Vierge en remerciement et en plâtre polychrome.

Depuis  sa noble demeure de Crochat, au sud de Limoges, l’ingénieur-arboriculteur De Leffe maquignonnait avec un membre de la famille impériale japonaise – un  frère cadet du Mikado –  les prix de gros de la  main-d’oeuvre importée d’Asie. Il  aménagea la station ferroviaire de Saint Sulpice, ses structures et ses abords ombragés.

Les entrepreneurs et les ingénieurs géraient l’argent de la Compagnie « en bons pères de famille », construisaient des infirmeries à leurs frais  et  logeaient les leurs  avec les quelques sous qui leur restaient .

Le second Empire fut pour le pays  un bond en avant vers la prospérité. Pour le peuple l’industrialisation creusa le  fossé entre l’opulence et la  misère  .

 

                         Le Paris-Orléans s’est appelé P.O-M après le rachat de sa concurrente en Languedoc:  la Société du Midi.

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L’ouverture

Une anecdote, puisée dans L’Armana Limouzi de l’année 1888 sous la plume de Jh. Delor, dit les bienfaits apportés par le chemin de fer à la population des campagnes, en mettant fin à leur isolement séculaire:

La corporation des bouchers de Limoges se composait  de six familles qui devaient leur fortune  à leurs mérites professionnels et  à leur concorde inébranlable: les maisons Cibot, Malinvaud, Pouret, Plainemaison, Parot et Juge, unies comme une main à six doigts, qui palpaient les bêtes et les payaient au plus juste, découpaient  et tiraient de la peau, des os, de la viande et des abats le meilleur parti, puis palpaient les écus dans la bonne humeur sans trace de rivalité ou de jalousie.

Dans les années 1860 Thoumas était maire de Laurière. Maire, riche propriétaire agricole, éleveur d’un beau troupeau de vaches rouges. Instruit des cours par les mercuriales officielles qu’il lisait à la mairie, conscient de la valeur de ses bêtes, soupçonnant les bouchers de magouilles et de collusion, il décida d’assainir les ventes en foire sur sa commune par une surveillance accrue et des mesures restrictives qui ne furent pas du goût de la corporation bouchère. Laurière se situe dans une contrée montagneuse avec de mauvaises routes, loin de toute ville importante autre que Limoges, ce qui assurait un monopole à  la  « bande des six » (pardonnez-moi, amis bouchers). La corporation décida de boycotter la foire de Laurière, et pour faire bonne mesure, celles des alentours. L’interdit qui ruinait les éleveurs  fut levé après des démarches humiliantes auprès des Syndics, ce qui montre la toute-puissance des associations, en l’absence de contre-poids. Aujourd’hui le monde agricole a bien assimilé la leçon. Souhaitons-lui cette même solide union qui faisait jadis  la force des vieilles corporations.

Puis la voie ferrée désenclava Laurière et les monts, gomma les distances,  amena aux foires des marchands étrangers, achemina les bêtes du Limousin vers les ventres de Paris ou de Lyon. Chacun vit s’agrandir sa sphère d’influence et la concurrence profita aux agriculteurs du pays sans nuire à  la prospérité des bouchers de Limoges, honnêtes gens et bons chrétiens,  absous de leurs menus travers – personne n’est parfait – par Aurélien leur saint patron corporatif.

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 l’ombre, le passé, la mémoire.

Curieusement nos populations autochtones  réservent leur estime et leurs faveurs aux étrangers nouvellement débarqués, au passé nimbé de mystère et qui ont su  « franchir le seuil » d’un pas assuré. Ici comme partout les  prophètes viennent d’ailleurs. Ici plus que nulle part les vieux qui se sont incrustés au chaminadour fuient les soucis, les responsabilités, les  « emmerdes ». Les enfants du pays n’encombrent pas la mémoire collective ni  les plaques de rues. A Saint Sulpice on lit au mur le nom d’ Henri Meyrat qui nous conduit de l’avenue de la Gare aux maisons de Frontignac: un capitaine de la Grande Guerre dont les mérites vaudraient  d’être révélés à la population et qui n’avait  pas spécialement cherché ce qui lui est arrivé. La place de Laurière célèbre  son général Thoumas dont on rencontre les grands-parents dans la bourgeoisie et l’histoire locales, et qui inventa l’indispensable   « thoumasette ». On a fait le tour. On peut honorer les grands amis des écoliers que sont Jules Ferry et   Charlemagne,  mais ce ne sont pas des produits locaux. Il y a bien Me Henri Leclerc, de la rue de l’Etang, (côté gauche), condisciple d’Olivier87 dans la classe du père Goudard, mais grâce au ciel il n’est pas encore mort. Pour canoniser ses saints l’Eglise attend leur trépas, c’est la sagesse. Il nous reste des gens qui n’ont été ni avocats célèbres ni officiers supérieurs, qui avaient les mains calleuses et de la bouse aux sabots; dont la science se bornait  à tracer des sillons droits et à lier solidement les gerbes ;  et pour ambition  d’arracher à la métairie de quoi nourrir leurs flopées de moutards. On serait fier d’habiter quelque part dans Saint Sulpice, rue Cyril Jourdan, en mémoire et en hommage au paysan du Breuil qui fut arrêté dans sa ferme par deux voyous miliciens, conduit à la prison de Limoges, affreusement torturé, qui mourut sous les coups en narguant ses bourreaux et  en leur criant sa foi communiste; ça mériterait d’être connu et célébré.

Il y a ceux qui écrivent l’Histoire, comme ce sans-grade local, et ceux qui ont besoin de lunettes pour la lire… Ce pays manque d’opticiens.

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autre opportunité:

JOURNAL OFFICIEL DE LA RÉPUBLIQUE FRANÇAISE
JO1988p01442-01445

Il est décidé d’apposer la mention « Mort en déportation » sur les actes ou jugements déclaratifs de décès de

Couty (Gaston, Léonard), né le 24 septembre 1896 à Saint-Sulpice-Laurière (Haute-Vienne), décédé le 15 avril 1945 à Sandbostel (Allemagne).
voir http://www.institut-francais.fr/Commemoration-au-camp-de.html    (note n° 20)   –

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   « Que dire de ce quai de la gare de Saint Sulpice, sinon qu’il joue une musique intéressante. La rythmique est donnée par les piliers, dans les basses, avec les coups de cymbale des néons. Les fenêtres régulières, avec la rupture de rythme des portes, donnent le contrepoint, tandis que la mélodie est jouée par la grande verrière et le sus-tenuto des voies. Dans le fond de l’orchestre, enfin, on perçoit le son discret des contrebasses: les collines et les bois… »  (objectif.blogspot) 

  ( Celle de Perpignan, qu’est-ce qu’elle a de plus? Les trains s’y arrêtent? Oui, bon,  si on veut,  mais alors là non, heu, attention, moi je trouve là  que vous chipotez… ) 

…  Merci, Maxime , de présenter avec autant d’amour et de poésie  notre humble et merveilleuse terre Limousine. Je recommande chaleureusement votre blog et vos photos à ceux qui ne les connaissent pas encore: www.objectif.blogspot.com

-Adieu, dit le renard. Voici mon secret. Il est très simple: on ne voit bien qu’avec le coeur. L’essentiel est invisible pour les yeux.

-L’essentiel est invisible pour les yeux, répéta le petit prince afin de se souvenir.

                                                                                                                       Antoine de Saint-Exupéry – Le petit Prince –

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33 commentaires »

  1. Bonjour !

    Nous devons à mon avis absolument respecter les métiers d’autrefois, le patrimoine éducatif et culturel universellement humain et commun. C’est ce que je vois et lis sur votre site riche en photos d’autrefois qui manquent énormément dans mon village d’El-Maïn siège de douar avant 1957 rattaché à la commune mixte des Bibans – Arrondissement de Sétif – Département de Constantine et de 1957 à 1963 redevenu commune de plein exercice rattaché à l’arrondissement de Lafayette – Département de Sétif et qui fusionne avec la commune de Guenzet à la suite de la réorganisation des communes en cette année là. Le 2 Janvier 1964 cette localité se rattache à la commune d’El-Khadra, arrondissement de Bordj Bou-Arréridj. Après la création des APC le 5 Février 1967, cette commune change d’appellation pour s’attribuer le nom de Djaâfra un prête-nom d’un douar de la même région. En 1984 il y avait eu la création de nouveaux départements et de nouvelles communes. El-Maïn redevient à nouveau siège communal sur fond de rectification territoriale et villageoise avec rattachement à la wilaya de Bordj Bou-Arréridj.

    En conséquence et à la lumière de tous ces éléments, je pense aussi, que les noms géographiques selon la langue que l’on utilise pour les désigner pour d’une part, rendre musical le mot selon l’origine de l’outil utilisé et d’autre part, faciliter les recherches historiques dans le but d’obtenir un résultat tel que celui de retrouver un document rare et enseveli.

    S’agissant des professions et des scènes de vie d’autrefois, du métier de maréchal ferrant tel que l’exemple typique du sieur forgeron BENKHERFELLAH Hamimi notre forgeron et maréchal ferrant, on doit normalement lui rendre tous nos hommages, car c’est un type qui gagne sa croûte à la sueur de son front tels que son défunt père feu : da l’ Bachir, ses cousins Belkacem artificier fabriquant de fusils de chasse, spécialiste de l’extraction de la poudre de plomb qu’il donne aux moudjahidines se rendant dans sa localité en 1956 et qui en manquent tant, allant jusqu’à sacrifier sa vie pour cela, da Ouali Athirham Rabi, tout autant qu’à ses fréres présents Moussa, Abdellah et Mokrane qui méritent du respect et de la haute considération.

    Leurs coups de marteaux méritent d’être donnés à celles et à ceux qui ont des cerveaux obtus, endormis et éteints pour se réveiller, s’éveiller et s’allumer pour leur donner de la lumière à leurs chemins obscurcis par les haines et le mépris de tout ce qui bouge dans le bon sens et positivement.

    L’organisation des marchés hebdomadaires fait preuve de participation à l’animation locale et à l’esprit communautaire d’une population vivant dans des endroits difficiles d’accès autrefois surtout lorsque les régles du jeu s’observent scrupuleusement dans les transactions commerciales entre partenaires du monde des affaires.

    Ces outils et ces métiers d’autrefois constituent un patrimoine commun devant être sauvegardé, préservé et protégé pour en être partagé par des photos et des souvenirs. Un village et un douar ne sont jamais des champignons sauvages qui poussent et qui montent comme ça spontanément à la surface de la terre. Ce sont des générations d’aïeuls qui les avaient construits pendant des siècles de labeur sans relâche. Respectons notre vraie culture typiquement algérienne, ouvrons-nous sur tous les autres pour nous y inspirer un tout petit peu et l’adapter à nos réalités quotidiennes.

    Je vous dis donc en conclusion : bravo pour vos travaux photos et leurs écrits légendaires dont je vous demande la permission de recopier et coller si vous le voulez bien deux ou trois passages et photos avec indication de votre source et nom bien sûr, sur mon blog.

    Ce n’est qu’une opinion personnelle émise parmi tant d’autres.

    Ahmed Salah

    Vie d’autrefois.

    Commentaire par AMAROUCHE — 10 février 2010 @ 16 h 49 min

    • Bonjour,
      J’appartiens à la tribu pillarde des ben planch’michous. Tout ce que vous lisez sur mes blogs ce n’est pas de la création, c’est de la compilation. Ne vous gênez pas pour moi servez-vous. Sous toute réserve.
      Sétif, Saint Arnaud, Lafayette, Bougie et la pêche aux homards; la chaîne des Bibans, le Guergour, infestés de sangliers, les marcassins cuisinés au mascara; la cuisine Française, universelle et sans interdits Mmmm, tout ça c’est bon!
      Vive la Kabylie. Amitiés.

      Commentaire par saintsulpicelauriere — 10 février 2010 @ 19 h 30 min

  2. Bonjour !

    D’émouvantes photos de scènes de vie d’anton, d’autrefois ou de jadis. C’est ce que l’on peut appeler à l’aide ce numérique d’Asie, d’Europe, D’Amérique ou d’Afrique :  » GOUT D’HIER, QUALITE D’AUJOURD’HUI. »

    Je suis originaire du village d’El-Maïn chaïne des Bibans rattaché pendant la guerre à Lafayette aujourd’hui Bougaâ et ce, jusqu’en 1963.

    Ce village dépend aujourd’hui de BBA où j’habite présentement. Il y a un manque flagrant d’anciennes images de nos villages. Où lesretrouver difficilement pour aider à être aidé ?

    Pendant cette guerre des années 1950-1960, il faisait partie de la 19ème division d’infanterie, 4ème régiment de dragons, 4-me escadron, SP 86692 FM et comme je suis ici, il m’est impossible d’aller au SHAT du château de Vincennes pour fouiner les documents et savoir si je pourrai trouver quelque chose. C’est la même chose au niveau du centre des archives d’Outre Mer à Aïx-en-Provence.

    Pourquoi vos chercheurs et ecrivains, colectionneurs particuliers ne s’intéressent-ils qu’aux grandes villes et aux questions commerciales bien plus que culturelles côté pacifique du terme ?

    Bravo pour vos travaux photos et félicitations à ce blog si magnifique.

    Commentaire par AMAROUCHE — 15 mars 2010 @ 17 h 54 min

    • Mon village est comme le vôtre bien éloigné de Vincennes et d’Aix-en-Provence, je me déplace peu, mais c’est noté: si je trouve quelque chose sur la Kabylie et plus spécialement sur votre village d’El-Maïn je vous adresse le document en pièce jointe. Amitiés.

      Commentaire par saintsulpicelauriere — 16 mars 2010 @ 13 h 23 min

      • Bonjour Saïd ( Bien être )!

        Je ne te demande pas de le faire spécialement pour moi puisque tu te déplaces peu vu ton éloignement mais ton message me va chaudement tout droit au coeur qui pleure mais sans larmes ni armes si ce n’est celui de la culture ce quelque chose qui nous reste après avoir tout perdu tel que nous le dit Hélio.

        Je t’embrasse trés fort sur la joue et te serre cordialement la main pour ta disposition. Je suis sûr et certain que tu trouveras beaucoup de choses sur mon village d’EL-MAIN si tu cherches et je suis certain que tu le feras dans l’intérêt personnel et général à la fois puisque nos consciences nous dictent absolument d’attacher une importance toute particulière à nos souvenirs et à notre devoir de mémoire chacun de son côté pour l’ensemble de la Kabylie également bien que la grande est plus éveillée que la petite notamment celle isolée se trouvant dans le périmètre géographique de la mienne qui manque de gens lettrés ou qui s’y intéréssent aux choses hors de la question matérielle et financière.

        J’aimerai que tout le monde s’y implique dans cette question pas seulement les membres du FLN/ALN, les anciens militaires français, les collectionneurs civils impliqués ni d’un côté et ni de l’autre, les pieds noirs, les beurrs, les cultivés, les chercheurs, les écrivains, les ecrivants, mais aussi même par les harkis qui regrettent leurs engagements ou qui ne le regrettent pas.

        Je suis surtout intéréssé par les côtés pacifiques telles que les scènes de vies d’autrefois : écoles, fontaines, cafés maures intérieurs et extérieurs, ustensiles, les bouchers, les marchés hebdomadaires, les sièges de postes militaires y compris ceux des harkas 403 et 404 comme l’ont fait les gens ayant fréquenté le village d’Ouzellaguen.

        Encore une fois, merci pour ton sage message.

        Ahmed Salah

        Commentaire par AMAROUCHE — 16 mars 2010 @ 15 h 36 min

      • Je suis heureux que tu aies apprécié les pièces jointes de mes mails du 20 mars. Ton blog alas.blog.mongenie.com est intéressant et il ne peut que s’enrichir. Merci mille fois pour tes bonnes paroles venues du coeur qui tiennent chaud pendant l’hiver, mais maintenant pitié basta arrête c’est trop on a changé de saison. Amicalement.
        Saïd (puisque c’est mon nom Kabyle).

        Commentaire par saintsulpicelauriere — 21 mars 2010 @ 18 h 53 min

  3. Bonjour !

    La validation de mon commentaire.  » C’est beau, çaa ! » comme aime dire Nagui de France 3/TV5 dans son emission  » TOUT LE MONDE VEUT AVOIR SA PLACE !  »

    Excusez-moi pour les erreurs de saisie dûe à la vitesse S.V.P !

    Lire :  » collectionneurs. »

    Merci beaucoup.

    Commentaire par AMAROUCHE — 15 mars 2010 @ 19 h 59 min

  4. Bonjour Saïd !

    Je lis Ginette en même temps que je réponds à Saïd. Moi aussi, je suis content que mon blog te plaise. « La culture c’est ce quelque chose qui nous reste après avoir tout perdu » dit Héllio.

    Les jeunes ont leurs jouets. Et pour nous les vieux, les souvenirs et les vieilles images de nos villages constituent nos jeux.

    Je te remercie aussi pour cette intervention car les écrivains et les écrivants sont tout d’abord de grands lecteurs dit Monsieur Paul Désalmand.

    Commentaire par AMAROUCHE — 21 mars 2010 @ 21 h 09 min

  5. Bonjour Saïd !

    Oui tu es un vrai détecteur. C’est mon coeur qui parle et c’est mon esprit qui enregistre. De bonnes paroles c’est bon. Mais de temps en temps, il m’arrive d’ajouter un peu de piquant au bouillon et du sel aux choses qui doivent l’être telles que les brochettes et les cacahuètes.

    Peux-tu retrouver la trace des anciennes bouilloires aratisanales aux longs manches utilisées par les cafetiers maures dans la préparation du café à leurs clients ?  » Thighalayines l’kahouwa. » Et « arkassane » tu connais ça ? Les « ivoussaâdiyaouènes » tout de même. Saïd, si tu veux, tu peux retrouver les photos de la fontaine « thiaouïnines » « les fontaines » d’El-Maïn à côté de laquelle les soldats en avaient construit une piscine. Et une photo typique de Moudjahidines en 1954 habillés à l’original….Ceintures de chasseurs en bandoulières et en bretelles bien remplies de cartouches, des kéchabias ou des blousons noirs identiques dans leurs confections aux dites kéchabias mais avec des boutons blancs. Photo d’archive et inédite. Avec un peu de temps et quelques discussions autour de toi, tu pourras récupérer quelque chose puisque tu es sur place, j’en suis sûr et certain. J’ai utilisé sur mon blog l’image sur laquelle il y a un vieux moulin à olives dont la roue est tractée par un bourricot. Tu pourras aussi récupérer des images comme celles du transport des troncs de peupliers sur le dos des villageois pour en faire les toitures des anciennes maisons kabyles. Ijougwas et icharvantiyènes. C’est pour dire que dans les bons vieux temps les travaux dans nos villages se faisaient trés difficilement par les anciens. Et les déchargements de camions à ridelles de toutes sortes de marchandises dans nos villages reliés uniquement par des pistes traversant des zones montagneuses difficiles d’accès, étroites et parfois même forestières. A quelle date apparaît le premier camion à benne. Donc, les gens en avaient toujours utilisé leurs larges épaules pour cela.

    Merci pour tes réponses si courtoises et cultivantes.

    Ahmed Salah.

    Commentaire par AMAROUCHE — 4 avril 2010 @ 10 h 50 min

    • Tu tiens vraiment aux boutons blancs ? Je vais voir ce qu’il y a en magasin.
      Saïd.

      Commentaire par saintsulpicelauriere — 4 avril 2010 @ 11 h 44 min

  6. Merci Saïd  » Le Bien est ! »

    Aujourd’hui, c’est le 42 ème anniversaire de notre déménagement de notre village d’El-Maïn utilisant le camion à ridelles Fiat de Monsieur BOUZEGHOUB Belkacem pour le transport de nos affaires. C’est donc hautement symbolique. Mon village a radicalement changé tout autant que cette ville en ce qui concerne les gens que je connaissais et les constructions. L’ancienne gare routière de BBA est démolie et une autre voit le jour tout comme l’auto-rail BBA – M’Sila et l’auto-route Est – Ouest dérrière contournant les anciens virages montant vers ou descendant de Bouira.

    Commentaire par AMAROUCHE — 4 avril 2010 @ 13 h 01 min

  7. Bonjour,
    Un grand merci pour ces pages sur la vie à St Sulpice Laurière, pays d’une partie de mes ancêtres (je descends entre autres des Joly).
    Bravo !
    Amitiés
    Christiane

    Commentaire par C. Villeneuve — 14 juin 2010 @ 13 h 07 min

    • Je vous admirais pour vos travaux d’histoire locale et vous m’ouvrez l’accès à une mine (« chabatz d’entrar », sur « saint sulpice-laurière » ) avec des compliments pardessus le marché…je rougis de confusion. Merci chère cousine.

      Commentaire par saintsulpicelauriere — 14 juin 2010 @ 13 h 35 min

  8. Bonjour !

    Je vous remercie pour l’évidence de renouement avec l’esprit d’ouverture culturelle face à l’autarcie dont fait l’objet le titre lui-même de votre blog.

    Au nom de ce principe universel légal sans arrière pensée aucune, sans complexe donc, je renouvelle ma demande à tous les visiteurs internautes qui nous lisent de m’aider à retrouver des anciennes photos des scènes de vies d’autrefois à El-Main notamment les intérieurs et les extérieurs des cafés maures, les anciennes fontaines, le marché hébdomadaire, l’école,l’ancien bureau de poste, les moniteurs de sport et les camarades, le mirador d’observation et tout document pouvant donner de l’inspiration à l’acte d’écriture dont je vous communique les renseignements comme piste de recherches pouvant aider à retrouver quelque chose.

    A l’avance je vous remercie pour ces pages, leurs images et l’entr’aide.

    4dragonsSes escadrons sont répartis autour de La Fayette, PC du Quartier et siège de la … (1er escadron à Titest, puis à Guenzet en 1960, 2e escadron à El Arous, 3e escadron à Beni-Hocine, 4e escadron à El-Maïn, CAS à Beni-Hafed ). …
    cavaliers.blindes.free.fr/rgtactive/4dragonsh.html – En cache

    Commentaire par ALditAS — 12 septembre 2010 @ 23 h 12 min

  9. Bonjour !

    Je vous propose de faire un lien de votre sit avec facebook.

    Commentaire par ALditAS — 12 septembre 2010 @ 23 h 22 min

  10. Bonjour !

    Ce blog qui pense à nous, nous le considérons nous aussi comme le nôyte et c’est pourquoi nous consacrons un peu de notre temps à lui pour le lire et le regarder.

    La Bretagne, l’Alsace, la Lorraine, le Jura, les Alpes et les Pyrénées ce sont des régions montagneuses qui ressemblent un peu à notre Kabylie du Dujurdjura, adhrar Ighawawéne, les Babors, les Bibans et le massif du Guergour sans oublier les montagnes des Ath Yalla, des Ath Wartilane, le djébel Bounda, adrar ou Maza dit piton 1029, El-Maïn 950 m, Aourir Ajmi où était construit un mirador d’observation en 1957 par le poste militaire culminant les 1000 métres d’altitude et qui domine cette caserne du capitaine Georges Laurent dit « JOJO » par ses soldats d’après le soldat Naourt Albert préfacé par Monsieur Gozzi Marcel deux bretons comme mon ancien instituteur Monseur Hervé Boussard redevenu maintenant marin à la découverte de l’Atlantique et de l’Amérique actuellement en bateau.

    Ah si j’habite en France et que je dispose d’un appareil photo numérique, je ne manquerai pas de vous envoyer des images des scènes de vie d’aujourd’hui mais à l’identique d’autrefois !

    Commentaire par ALditAS — 14 octobre 2010 @ 8 h 00 min

  11. …comme le nôtre…

    Le blog de Salah Ahmed est http://alas.blog.mongenie.com/

    Commentaire par ALditAS — 14 octobre 2010 @ 8 h 01 min

  12. Bonsoir,
    j’ai beaucoup aimé certaines chroniques, mais celle relative à la côte de La Chaize durant la Libération m’a interpellée, d’où tenez vous cette information… à l’époque j’habitais La Chaize et je n’ai pas souvenance de cette hécatombe, pourtant nous fréquentions cette route journellement, merci de me répondre.

    Commentaire par burguiere — 15 octobre 2010 @ 21 h 15 min

    • Le massacre des oiseaux nocturnes sur les routes en 1944-45, quand les voitures ont recommencé à circuler, est un phénomène suffisamment catastrophique pour mériter d’être raconté. Les premières victimes servent d’appât aux suivantes, et le lendemain on trouve en un même lieu la chaussée parsemée de dizaines de boules de plumes sanglantes. J’ai assisté au même spectacle – même époque, mêmes causes et mêmes effets – sur une route des Pyrénées espagnoles. Ces volatiles, dont j’ai su le nom, des rapaces diurnes au décollage lourdaud, étaient tout aussi nombreux à passer sous les roues.
      Le corbeau, lui, voit arriver le danger. C’est un intellectuel injustement calomnié par La Fontaine. D’après univers-nature.com il tire même parti du passage des autos pour leur faire écraser des noix dont il se régale! ça aussi c’est dur à avaler n’est-ce pas?.
      J’ai été témoin du fait que je vous rapporte depuis la voiture Citröen traction avant-gazogène de M. Armand Bissol, en 1945. J’ai constaté l’ampleur, je ne peux rien dire sur la fréquence de la chose parce que je ne fréquentais pas la route journellement.
      Il y a certainement d’autres « invraisemblances » dans mes histoires. Je vous remercie de me donner l’occasion de les expliquer; ces questions-réponses ça donne de la vie et les échanges nous rapprochent.
      Amitiés.

      Commentaire par saintsulpicelauriere — 16 octobre 2010 @ 11 h 46 min

  13. Originaire du village de gaudeix famille BALLET, je suis heureux de faire découvrir votre blog à ma mère de 83 ans; elle se rappelle de beaucoup de personnes et des lieux autour de st sulpice lauriere; pourrait-on prendre contact? merci.

    Commentaire par ballet — 12 décembre 2010 @ 15 h 56 min

    • Merci Philippe pour votre proposition. Je suis toujours demandeur d’anecdotes et d’histoires vécues. Tous mes voeux de bonne santé pour votre maman. On dit qu’un vieillard qui disparaît c’est une bibliothèque qui brûle. Feuilletez sa mémoire et elle sera charmée de l’intérêt que vous lui témoignerez, comme je le suis moi-même. Et à votre tour vous aurez beaucoup de choses à raconter.
      Amitiés.

      Commentaire par saintsulpicelauriere — 12 décembre 2010 @ 21 h 50 min

  14. Site d’une richesse rare, trouvé par hasard.
    Je suis St Sulpicien de fraîche date. J’ai invité la mairie à mettre un lien sur son site pour renvoyer vers le votre.
    J’espère que vous le faites vivre régulièrement
    Continuez
    Amicalement
    Michel

    Commentaire par CALVES Michel — 4 mars 2011 @ 21 h 42 min

    • Mes liens avec la mairie ne sont pas très cordiaux: lire « Péripéties d’un procès perdu, Il était une deuxième fois, La D 1150, »
      Votre invitation risque donc d’être perçue par la municipalité comme une provocation.
      Merci quand même d’avoir eu cette idée.
      Amitiés.
      Olivier.

      Commentaire par saintsulpicelauriere — 5 mars 2011 @ 0 h 50 min

  15. Bonjour !

    Je vous propose le nouveau lien avec la COMMUNE EL MAÏN.

    http://www.ilmayen.com
    en remplacement de l’ancien sit http://www.elmain.free.fr

    Voudriez-vous encore une fois aider à retrouver les anciennes photos des années 1950-1960 avec nos remerciements anticipés ?

    Commentaire par alditas — 14 mars 2011 @ 15 h 13 min

    • Photos d’EL MAIN: Appel lancé aux Kabyles de France avec tous mes voeux de succès.

      Commentaire par saintsulpicelauriere — 14 mars 2011 @ 17 h 32 min

      • Bonjour !

        Je vous remercie toutes et tous pour cette importante aide et assistance sur la recherche d’anciennes photos d’EL- MAÏN en lançant un appel en France par simple passion culturelle.

        Commentaire par alditas — 16 mars 2011 @ 19 h 53 min

  16. Bonjour, Je voulais savoir si la photo de la fileuse de chanvre (29) et celle de la récolte du chanvre (64) étaient dans le domaine public, pour illustrer un livre de 170 pages sur l’agriculture.

    Commentaire par jimimix — 7 janvier 2012 @ 19 h 28 min

  17. Bonjour, pourrais-je savoir d’où vous tenez la photographie de mariage de Paul Lavaud et Marie Joly? Je m’intéresse à la cornemuse qui est représentée et tenue par le musicien sur le photo.
    Je vous laisse mon e-mail clemaubois@hotmail.fr
    Merci beaucoup.

    Commentaire par clement gauthier — 18 avril 2012 @ 13 h 49 min

  18. Merci pour le partage et cet eclairage, je me demandais pourquoi mon aieul Leonard Mangaud, macon né à RedonDeSagne et vivant à Auziat etait absent pour la naissance de deux de ses enfants ! Je suis maintenant à la recherche d’un autre Leonard Mangaud, originaire du Maillorat qui a marié son fils Michel à RedonDeSagne en 1772. Quitte à faire venir des microfilms de Limoges, votre mention sur la ferme Mangaud de Cressac m’interresse, avez vous svp plus de détails à ce sujet ?

    Commentaire par Philippe Mangaud — 20 février 2013 @ 9 h 46 min

  19. Cher Saïd,
    je suis, par l’intermédiaire d’un ami qui l’a reprise sur son blog, tombé sur
    https://saintsulpicelauriere.files.wordpress.com/2009/02/noce-joly-lavaud1.jpg !!!
    Une chabrette, et un chabretaire !!! Et que nous ne connaissons pas !!! Gplll !!!
    Pour ce qui est de la chabrette, voir à http://fr.wikipedia.org/wiki/Chabrette, avec tant qu’à faire une photo indicative, et aussi des choses sur les fameux santons de Vicq-sur-Breuilh…
    Mais revenons, si ce n’est à nos moutons, donc à la dite photo. Es-tu l’heureux possesseur de l’original ?
    Nous recherchons toujours les traces des musiciens ayant joué de cette magnifique cornemuse, folklorique en Limousin sur la fin de sa vie, mais en fait bien plus que cela… Lire bien en détail la page Wikipedia…
    Je souhaite donc si possible avoir plus de détails sur cette noce, et sur le musicien chabretaire.
    Merci d’avance.
    Cordialement.
    Philippe « Rando » RANDONNEIX — Limoges

    Commentaire par Philippe "Rando" RANDONNEIX — 25 août 2013 @ 16 h 59 min

  20. Bonjour,
    Merci pour votre blog captivant pour moi Arédien.
    Je vous cite sur http://saintyrieixlaperche.wordpress.com
    Au reveire

    Commentaire par aredius44 — 22 novembre 2013 @ 22 h 14 min

  21. toujours interressant votre blog » famille BALLET » de gaudeix !!!!

    Commentaire par ballet — 29 décembre 2013 @ 20 h 35 min

  22. Bonjour !

    Je n’ai qu’une seule chose à vous dire en relation avec tous ces souvenirs d’antan : C’est que vous me manquez énormément.

    Je rajoute : BONNE ET HEUREUSE ANNEE 2014 sur fond de longue vie pleine de joie et de bonheur à vous toutes et à vous tous. Aidons-nous pour être aidés mutuellement à retrouver de vielles photographies de nos villages même faites pendant la guerre, elles ne font pas partie de choses horribles et sensibles à heurter les sensibilités. Pourquoi mélanger la culture et la politique idéologique qui fait tant de mal par le système d’ignorance mère de toutes les violences insolences également ?

    Commentaire par AMAROUCHE — 1 janvier 2014 @ 22 h 02 min


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