Saint Sulpice-Laurière

Sauvagnac

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http://www.saintsulpicelauriere.wordpress.com

Le village de Sauvagnac s’accroche à 618m  sur une hauteur battue par les vents. Habituellement les villages montagnards se nichent  dans des alvéoles ménagés par l’érosion, à mi-pente d’une vallée tournée vers le sud. Sauvagnac a  lui choisi un col orienté nord-sud, où souffle dès novembre un vent glacial, où jusqu’en mai la neige hésite à fondre. L’humidité pénètre dans les maisons, le sol est pauvre et les arbres fruitiers sont rares et rabougris. Parmi les habitants secondaires dont les volets sont habituellement clos, et ceux dont le lit est ici mais le travail ailleurs, une poignée de résidents permanents travaillent la terre ingrate,  en contrebas des maisons, parmi la bruyère et les brujauds, les genêts et les fougères.
 Sauvagnac apparaît au centre du triangle  « La Jonchère-Saint Léger-Saint Sylvestre »,  à l’endroit  le plus isolé de ces lieux de peuplement et à leur point de convergence. Sur la carte de Cassini –  1750 – ( v.  « las trei sors ») le typographe lui donne une importance égale à Saint Léger et à Saint Sulpice. A l’est du village, sur le Puy , l’armée et la gendarmerie ont installé un relais hertzien. Le R P Fouquet qui y exerça longtemps son ministère et qui aimait le site en parle avec lyrisme :
  « Du Nord-Ouest au Sud-Est, des chaînons s’étirent sur cinq communes, dont le point culminant est à 701m d’altitude, au Puy de Sauvagnac. Un bouquet de grands sapins, facile à repérer à plus de 60 ou 80 kilomètres, le signale à l’attention. Au pied de ce bouquet, d’énormes roches et de vastes champs de pierre dévalent la pente vers le midi comme vers le nord. L’une d’elles, en équilibre, porte le nom de Pierre Branlante. On a par temps clair, une vue splendide en demi-cercle. A l’extrême gauche, derrière le Puy de Jouer, l’ancienne Praetorium de la carte de Peutinger, qui monte à 697m, le Maupuy, qui domine Guéret. Puis les hauteurs de Chauverne et de Chatelus-le-Marcheix, de Saint Martin-Sainte-Catherine et de Saint Pierre-Chérignac derrière le fossé profond du Taurion qui, aux beaux matins d’été, exhale un long serpent de brume blanche. Au-dessus, par temps clair d’hiver, émergent à l’extrême limite de la vue les cheminées du Diable et le Puy de Sancy brillants dans leur parure de neige et de glace. Vers le centre du demi-cercle ouvert aux regards, le Mont Gargan, qui s’élève, presque à la limite des trois départements, à 731m, surmonté d’un gros point noir qui est sa chapelle à la Sainte Vierge. Puis les monts de Peyrat-le-Château et les carrières au-dessus du barrage électrique; le Plateau de Millevaches qu’écrasent de leur lourde masse les trois sommets des Monédières. Ensuite, devant le rideau quasi continu des monts de la Corrèze, le haut et fin clocher de Saint Léonard de Noblat qui domine les maisons de la haute ville. Puis c’est Limoges, son champ d’aviation, le clocher de Saint-Michel et les châteaux d’eau de Louyat. A vos pieds, 300 mètres plus bas que vous, gros comme une gigantesque fourmilière, s’étale paresseusement le bourg de La Jonchère d’où s’échappe en serpentant la route de Limoges. En somme, un des plus beaux coups d’oeil du Limousin.

Le Révérend au grand âge conservait  10/10èmes de chaque oeil. Remarquons que le site s’est quelque peu encapuchonné avec la disparition des moutons et l’essor de la forêt Limousine. On ne peut plus se repérer sur un bouquet de sapins: ça sent partout la résine.
Une nouvelle interprétation de la carte de Peutinger place Praetorium à Sauviat et non plus au Puy de Jouer, cette nouvelle lecture est solidement argumentée et bien sûr  définitive comme celles qui l’ont précédée;
le terrain d’aviation n’est plus à Feytiat mais à Bellegarde. Ça n’enlève rien à notre Montagne Limousine; elle est toujours aussi belle quand on la regarde avec les yeux du R P Fouquet.

Pourtant… malgré leur attachement au sol natal ses nombreux enfants s’en allaient gagner leur vie ailleurs à chaque printemps…

                                  –Vieux puits, vieille auberge et  foisonnement de jeunes enfants 117116     

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A l’emplacement actuel de l’Antenne de l’armée était installé en 1800 un sémaphore Chappe. Les gens des villages et les bourgeois de La Jonchère étaient intrigués de lui voir agiter son grand bras sans motif connu et ils l’appelaient la babauillo. Un coup de vent l’allongea pour le compte en 1840. Bien avant Chappe, les Romains pour le contrôle des provinces conquises, et les populations sédentaires entre elles s’envoyaient  de puy à puy , des hauteurs de Joux au mont de Jouer, des messages codés, des signaux convenus qui pouvaient être une demande de secours, une promesse d’aide, ou même des conversations plus personnelles  et  élaborées, avec des feux la nuit et le jour des fumées. Par temps couvert c’était la panne.

Les sommets et les versants pentus étaient tapissés de bruyère et d’herbes odorantes. Les Etats des Sections nous apprennent qu’ils étaient la propriété indivise des habitants des hameaux. Les familles y faisaient paître en commun leurs ouailles sous la garde d’enfants ou de vieillards, mais ne toléraient pas la présence de pâtres  « étrangers ». A la jonction de deux paroisses il y avait des conflits territoriaux. Les troupeaux d’ovins participaient  à l’entretien des relais télégraphiques et des points de guet. Sur la carte IGN  on trouve le Puy de la Garde, Le Puy du Guet. Un sentier balisé conduit au Fauteuil du Guetteur près de Grandmont.
Par quel message les maçons migrants se donnaient-ils rendez-vous à Sauvagnac vers la fin de la mauvaise saison? Sauvagnac est le point de convergence de trois chefs de communes, et d’un quatrième qui était Saint Pierre avant sa décadence et son absorption par Saint Léger . Chaque année, à la Chandeleur le 2  février, le hameau enneigé devenait le grand marché de la  main d’œuvre. Les anciens compagnons se regroupaient pour entamer ensemble une nouvelle campagne. Certains partaient vers un patron, un chantier connus. Les novices confiaient leur sort au hasard, à la bonne fortune, à la grâce du Ciel. Ils cherchaient des appuis et des recommandations. Le plongeon dans l’inconnu de tous les dangers, le besoin de se sentir assisté et protégé, s’accompagnait de ferveur pour la plus charitable des pensionnaires de la Cour Céleste. Le culte à la Sainte Vierge de Sauvagnac doit peut-être son origine, du moins sa grande notoriété au mouvement migratoire annuel des maçons Limousins. Aujourd’hui encore on se rassemble et on prie la Sainte Vierge pour la Chandeleur.

A quelques centaines de mètres du hameau s’étend sur 200 hectares la tourbière des Dauges, milieu fragile protégé par le Conservatoire des Espaces Naturels du Limousin. C’est l’aboutissement d’un travail de la  Nature commencé il y a 4 millions d’années. Un glacier a creusé la cuvette et évacué les roches sous forme de moraines. Un lac a remplacé les glaces. Son eau froide et acide, indemne de bactéries, le climat rude avec 100 jours de gel et 65 de brouillard permanent ont favorisé le développement de plantes montagnardes et boréales. Le lac a disparu à son tour et il est resté un lieu d’étude unique qui attire les passionnés de faune et de flore; qui attirait également la Cogéma avant d’être classé Réserve Naturelle: son sous-sol recèle de l’uranium.

Une tourbière semblable existait au lieu-dit La Palou; comme une vaste éponge elle régulait le cours des ruisseaux qui dévalaient en cascatelles sur la pente du Bois des Echelles vers Saint Sulpice. Les plantations de résineux, un captage de source, la disparition des troupeaux de moutons et le  boisement naturel  ont fait disparaître la fragile tourbière, l’ancien palus romain. Il n’y a pas d’uranium dans son sous-sol. On n’a pas jugé utile de la protéger.

On connaît la présence de minéraux en grande variété mais en trop petite quantité pour que leur exploitation soit rentable: à Saint Sylvestre des gisements d’uranium abandonnés; à Noueix l’or de La Fosse aux Boeufs; le kaolin à La Jonchère. Et des filons disséminés de baryum, de fluor et d’étain célébrés à Ambazac par un musée de Minéralogie et de Pétrographie.

Une ressource de la Montagne, essentiellement spirituelle celle-là mais avec des retombées financières jadis importantes, c’est bien sûr la Sainte Vierge de Sauvagnac.

 

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Le Commandeur des Hospitaliers de Paulhac  fit don à sa chapelle de Sauvagnac, en 1446, d’une nouvelle statue représentant Notre-Dame de Pitié. Elle fut reçue avec ferveur. La tristesse de son visage émeut le croyant. Depuis plus d’un demi-millénaire les populations se prosternent à ses pieds pour implorer une aide qu’elle ne peut manquer d’apporter, elle qui connait la souffrance des mères, elle qui tient son petit -réellement miniaturisé – mort sur ses genoux: La Pieta .

A la manière de Mélusine décrite par Rabelais, la Vierge de Douleurs se compose , à la suite d’on ne sait quelles vicissitudes, d’un assemblage de deux morceaux: pour le haut et jusqu’à la ceinture, c’est du cœur de chêne polychromé. Le bas du groupe  est en terre cuite. La disproportion des corps accentue naïvement dans le rapport mère-enfant le rôle protecteur de la Mère.

On a peine à imaginer ce qu’étaient les pèlerinages chrétiens de l’aube à la moitié du second millénaire. Lourdes en est un pâle reflet. Plutôt la Mecque et ses bousculades. Ou le Gange et  Bénares aux Indes. Au Puy par exemple, en 1502, l’évêque était Geoffroy Pompadour, frère de Jean de Laurière. Une certaine  année la fête de l’Annonciation coïncida avec le Jeudi Saint. Le chroniqueur Médicis raconte que les chemins ne suffisaient pas,           « ains étaient contraincts passer par champs, vinhes, prés, jardins, qu’était cas estrange… près de la Porte Saint-Robert les pèlerins s’entassèrent si follement qu’y rendirent leurs âmes à Dieu plus de cent personnes. Dieu les absoueille et veuille consoler leurs parents et amys. » Pompadour avait accumulé d’énormes réserves de nourriture et pourtant le pain fut près de manquer. Il s’était assuré de trois mille confesseurs qui durent travailler sans relâche.  « On aurait dit que l’Italie, l’Espagne et l’Angleterre s’étaient épuisés d’habitans, et il s’y trouva même une quantité de familles grecques. »
L’évêque Geoffroy, à l’aise financièrement, fit reconstruire le château de Laurière détruit en 1370 et il y mourut en 1514.

 
La renommée de Sauvagnac n’atteignit jamais une telle dimension européenne, mais à l’échelle de la province limousine les pèlerinages y étaient nombreux et profitables. A la Chandeleur surtout ils attiraient de partout  une abondance de prêtres, vrais ou faux, qui écoutaient les confessions, les vœux et les prières, et prenaient des commandes pour dire des messes. Le seigneur de Sauvagnac, Commandeur de Paulhac, et  ses clercs dûment autorisés subissaient par cette concurrence un préjudice financier. Il fut pris  un arrêté de police le 12 octobre 1616 qui règlementait le commerce des grigris, des scapulaires, des précieuses reliques, des messes propitiatoires, et interdisait toute activité aux prêtres étrangers à la paroisse:

  « Aucuns prêtres étrangers ne pourront célébrer la messe dans ladite chapelle de Notre-Dame de Sauvagnac que seulement pour leur dévotion et comme pèlerins, sans qu’ils puissent recevoir aucune aumône, oblation ou autre bienfait desdits pèlerins ou personnes dévotes pour la célébration de leurs dites messes, sous peine d’excommunication latae sententiae… à la charge que les dits prêtres et sociétaires, natifs et habitants du dit lieu de Sauvagnat ou de la dite paroisse de Saint Léger, lesquels servent assidûment la dite chapelle sans avoir aucuns revenus ou autres émoluments, s’acquitteront de leur devoir pour la célébration des dites messes et s’y rendront assidus, à peine d’être chassés de la dite communauté et chapelle.

  

  

    Gentioux: Autre sanctuaire, autre lieu de rassemblement, autre  témoignage de la ferveur religieuse des maçons migrants. En gage de leur foi chrétienne comparable à celle des terre-neuvas Bretons, ils gardaient un chapelet dans leur poche pour avoir un enterrement religieux en cas de malheur .

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                                                                              Procession à N D de La Salette

( à g) La plus ancienne des trois représentations de la Vierge est placée dans l’église au-dessus de l’autel . Elle est revêtue d’habits richement brodés. Sa facture archaïque, avec un sceptre fleurdelysé et un Jésus très petit, vêtue d’une robe à plis raides, la date du XIII° siècle. Elle est en coeur de chêne, haute de 70 cm. Elle conduisait les processions, portée par les pèlerins, avec faute de dais une ombrelle très  « Belle Époque.  »

 ( à dr)La grande statue en fonte placée sur un socle en granit est une reproduction de Notre-Dame de la Salette en Isère. Elle est installée depuis 1877, en bordure de la route de Saint Léger, face au Bois de Sansour. Une table d’autel permet d’y dire la messe. Elle constitue le but des processions.

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Sauvagnac prospérait quand  Mgr D’Argentré  fit main basse sur Grandmont, le Chef d’Ordre des moines grandmontains . La Grande Révolution poursuivit  le travail de déchristianisation commencé par l’évêque. 

Le 26 janvier 1791 les Citoyens Administrateurs du District de Bellac écrivent à  « MM. les Officiers Municipaux de Saint Léger la Montagne »:
  « Immédiatement après la réception de cette lettre, transportez-vous à la chapelle de Sauvagnat, dépendant de votre paroisse, avec votre curé, faire un inventaire de tous les objets contenus: calices, figures de saints, ornements généralement quelconques. Transporter le tout dans votre église paroissiale à la garde de votre curé sous son récépissé avec soumission de les présenter à notre première réquisition.
L’ancien desservant pourra assister à ladite cérémonie et présenter les clefs. N’accepter aucuns dires ni protestations. Prenez les clefs, fermez les portes, ne devant plus être fait dans cette chapelle aucun acte divin.
Pour tout prévoir, si le desservant ne présente pas les clefs, en le rendant garant de son refus vous ferez lever sa serrure et clore ensuite la porte par un serrurier. »

 

  

    La République 127 triomphante – L’enlèvement de la Vierge fut perpétré en février, après les fêtes de la Chandeleur et la dispersion des maçons. Une solide équipe de Saintlégers se heurta à la résistance acharnée des

  « Sauvagnacs » . Sans statue, plus de miracles, plus de pèlerinages et partant plus de revenus. Et en plus l’attachement sentimental. Tout le village défendit son patrimoine contre ses rapaces voisins. Les rivalités de clocher et une vieille  jalousie larvée  prenaient la forme d’une guerre picrocholine avec son cortège de violences.  La troupe de Saint Léger était attendue de pied ferme. On les vit déboucher du bois de Sansour et ils furent accueillis aux premières maisons par une grêle de cailloux, puis au corps à corps par des volées de bâtons. Les chapeaux roulèrent, il y eut des yeux pochés, des nez en sang , des blouses en lambeaux et même un bras cassé d’un coup de gourdin. En dépit de cette défense héroïque la Piéta fut emportée à Saint Léger, où les ravisseurs constatèrent terrifiés que de grosses larmes roulaient sur ses joues en bois. Prenant conscience de leur sacrilège ils attendirent la tombée de la nuit pour rebrousser chemin, et ils la déposèrent furtivement près de la source  à l’entrée du village,.
D’aucuns prétendent qu’elle passa trois mois en captivité, en stricte application des ordres de Bellac. Allez savoir.

Cette chapelle était d’un bon rapport. Elle était desservie par un chapelain qui ne recevait aucuns gages. Au contraire il versait annuellement au Commandeur de Paulhac ou à ses Fermiers  une redevance annuelle de 200 livres. Mais sans la statue vénérée la chapelle était une coquille vide.

En 1791 Sauvagnac a pour chapelain le sieur Richard. Richard est aussi curé de La Jonchère où la religion est solidement enracinée. L’évêque visite régulièrement son épiscopum, il séjourne à la Maison des Têtes et entretient la foi par des bonnes œuvres. Richard a été élu maire par l’ensemble des  »citoyens actifs ». On lui demande de prêter serment de fidélité à la Nation, il répond qu’il ne doit fidélité qu’à Dieu seul et à la vraie religion. La mise à sac de la chapelle l’a rendu furieux. Il se démène tant que les Jacobins de Bellac finissent par réfléchir. Ils admettent que l’Assemblée n’a encore rien décidé pour les biens de l’Ordre de Malte. Les chevaliers et la franc-maçonnerie ont Jean comme patron commun et c’est le retour des vases sacrés, des ornements  »généralement quelconques » et surtout de l’image de la Bouno Damo. .
Le 4 mai les Administrateurs de Bellac décident donc de restituer les objets de culte:  « Nous pensions qu’il n’y avait d’exception à la fermeture pour aucune chapelle. Or nous devons laisser subsister les chapelles de l’Ordre de Malte par avis du Comité Ecclésiastique de l’Assemblée Nationale du 7 avril 1791. Le curé de Saint Léger en fera la desserte »
Richard perd tout: paroisse, chapelle, mairie. Il entre en dissidence. Le nouveau maire de La Jonchère, Raby des Bastilles, raconte: « Il dit partout que le nouveau chapelain de Sauvagnat est excommunié par la pape parce qu’il s’est conformé à la loi du serment; qu’il est sans qualité et ne peut ni absoudre, ni dire la messe. » L’église est interdite. Autant se confesser à un arbre. » Il répand le fanatisme ».

Ce Raby était un hobereau qui, devenu maire par la grâce des Jacobins, se crut propriétaire de la commune. L’abreuvoir municipal  – réellement remarquable – lui plut et il décida de l’installer chez lui dans sa ferme des Bastilles. Un beau matin les lavandières le virent arriver conduisant un fardier et deux solides paires de boeufs.  Elles le couvrirent d’injures et  le chassèrent ainsi que  son attelage avec leurs battoirs et des baquets d’eau.

 

Richard est conduit en prison. La gestion de la chapelle demeure à Saint Léger qui exulte.
L’agent national de Bellac, Raffard, était le fils de Raffard-Panissac, qui régnait sur le village du même nom et dirigeait les Postes de Bellac. Il se chargeait d’appliquer les lois en matière de culte dans les monts d’Ambazac, cependant  il dut attendre jusqu’en 1794 le feu vert de sa hiérarchie pour en terminer avec Sauvagnac et la chapelle. Il triomphe enfin:   « Je n’ai jamais vu autant de croix que dans ce pays-là; on se croirait en Espagne…La Société Populaire de Bellac a arrêté dans sa dernière séance d’envoyer des apôtres dans ces communes pour y détruire les préjugés et y porter les principes de liberté ». (Journal du Département de la Haute-Vienne, 16 thermidor an II). La chapelle est vendue:   « C’est un nid de miracles qu’on a eu du mal à débusquer. Les habitants de cette paroisse, de peur de se damner, n’ont pas paru à l’adjudication. Il a fallu qu’un zélé citoyen de Laurière, Joseph Martin, se rende adjudicataire pour 210 livres ».
La chapelle servit de bergerie, la statue de la Pieta prit le maquis et se cacha dans les granges et les greniers. Quand le calme fut revenu dans les esprits elle s’offrit de nouveau aux prières, le village redevint lieu de pèlerinage. Dans la tourmente le rétable doré avait disparu .
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A la place du christianisme qu’elle s’employa à faire disparaître, la Révolution proposa aux croyants le culte de la Raison. Le Bulletin de la Société Populaire de Bellac décrit une cérémonie religieuse républicaine:
10 frimaire an II:   « Défilé vers le Temple de la Raison. La citoyenne Masraud, fille, représentait la Raison avec un habillement blanc, une écharpe aux trois couleurs et le bonnet de la Liberté. Elle tenait d’une main le flambeau de la Liberté, allumé, dont la flamme répandait des rayons éblouissants, de l’autre elle s’appuyait sur le bras de Guyot du Dognon, délégué de la Société. Les Préjugés étaient représentés par des enfants aux visages noircis et vêtus d’ornements sacerdotaux. Ils s’enfuyaient du Temple de la Raison à l’arrivée de la Raison. Le citoyen Chaumière, ci-devant Château, a chanté des airs patriotiques sur l’air de   « Colinette au bois s’en alla », avec accompagnement musical ».
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Pour la Grande Fête de l’être suprême,  Talleyrand célébrant au Champ de Mars  la messe dans sa nouvelle version,  se tourna vers Sieyès son assistant pour le sermonner:  « Vous, s’il vous plaît,  ne me faites pas rire! »
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                              Vitrail au-dessus 068 du portail de l’église

                   La plupart des Croisés qui s’embarquaient sur les galères royales n’avaient ja-jamais navigué. Les roulis et le tangage leur causaient grand frayeur qui les rendaient malades. Joinville nous dit:  »Celui-ci est bien fol qui a quelque péché mortel en son âme et qui se boute en un tel danger, car si on  s’endort au soir onc ne sait si on se trouvera le lendemain au fond de la mer. »

                   Une embarcation est secouée par les vagues et les vents d’une violente tempête. A son bord le chevalier de Meyrignac, dont le château s’élevait à une lieue au nord de Bourganeuf, revient de Croisade en compagnie d’un ermite qui habitait précisément à Sauvagnac. Le chevalier est en pourpoint rouge avec une coix blanche, pour qu’on le voit bien au milieu de  l’écume blanche  des flots déchaînés; et l’épée au côté. Son compagnon a une robe grise et la barbe blanche. Le mât est brisé, les flots remplissent l’embarcation. Meyrignac  terrorisé fait le voeu, s’il en réchappe, de construire un oratoire près de l’ermitage de son compagnon. Dans une apothéose de lumière encadrée de nuages apparaît radieuse Notre-Dame portant dans ses bras Jésus son enfant. Elle accorde son aide et enregistre la promesse .                                                                                                                                      

                        Le premier texte écrit date de 1224. La chapelle est construite sur le terrain des Grandmontains; les Templiers de Paulhac en sont les patrons-collateurs.
                         En 1446 Jehan Cottet, seigneur de Laron, paroisse de Saint Julien le Petit, et des Biards, paroisse de Saint Yrieix, devient commandeur des Templiers de Paulhac. Il fait ouvrir deux chapelles proches du portail et met ses armes au-dessus des deux petites portes: deux lions rampants et le chef de Malte, de gueules à la croix d’argent. Il fait don à la chapelle de la statue à laquelle les populations d’alentour ont voué un culte traditionnel, en particulier les futures mamans et  les familles dont un membre est en danger: C’est l’idole des vieux dont le fils est à la guerre, à l’hôpital, en salle d’examen…

  •                           Il existe deux autres représentations de la Vierge. V.ci-dessus  « procession à N D de la Salette »

  

  

  

  

                                                                                                                                                                            Les prières à la Bonne Dame de Sauvagnac

    

                S’il vous plaît ……………………………                                                                                                                                                                                                    …………….Merci!

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11 commentaires »

  1. si une personne connait les origines de jean cottet qui a ete grand prieur d’auvergne de 1470 à 1474 je suis interesse de les avoir merci d’avance.

    Commentaire par cottet — 27 novembre 2010 @ 20 h 34 min

  2. Je cherche à savoir si le monastère près de la chapelle de Sauvagnac est occupé actuellement. La communauté orthodoxe est partie en 2009, et des amis m’ont dit que les locaux étaient abandonnés l’été dernier. Merci de votre réponse. Michel Fougerat

    Commentaire par fougerat — 16 février 2011 @ 17 h 30 min

    • on va se renseigner
      je pense qu’il faut demander à l’évêché de Limoges

      Commentaire par kiki129 — 6 février 2012 @ 15 h 25 min

    • ayant passée une semaine en vacances au gite de sauvagnac cette année , je peux vous affirmer que le monastere est occupé actuellement par 2 femmes de la communauté orthodoxe

      Commentaire par regnier — 2 mai 2013 @ 22 h 51 min

  3. je suis passé a Sauvagnac jeudi dernier j’ai vu une religieuse orthodoxe.

    Commentaire par vouillon — 14 septembre 2013 @ 17 h 44 min

  4. Bonjour, j’ai séjourné toute la semaine de Pâques à Sauvagnac, il y a trois moniales orthodoxe très sympathique, soeur Ioana, soeur Ecaterina et soeur Vassila. Le bâtiment dépend de La Métropole Roumaine, deux soeurs parlent de plus en plus français.Le bâtiment ayant souffert beaucoup de l’abandon ,des travaux ont débuté seulement maintenant et toute aide ou don sera le bienvenu.En Christ FLM.

    Commentaire par LE MARECHAL — 24 avril 2014 @ 20 h 03 min

  5. qui aurait une photo de l’église de Sauvagnac et du monastère. Merci

    Commentaire par Jullien Serge — 5 août 2017 @ 18 h 54 min


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